UATCI
ÉDITORIAL

CAN OU PAS CAN, L’EXPLOITATION CONTINUE, LA LUTTE DES TRAVAILLEURS AUSSI !

Tel un griot vantant les mérites de son maître, Ouattara a fait son propre éloge dans son allocution de fin d’année. On a eu droit à des « j’ai fait ceci, j’ai fait cela … ». En matière d’autosatisfaction, il est difficile de faire mieux. À écouter ses louanges, on croirait que le lait et le miel coulent à flot dans ce pays et que c’est la belle vie pour tout le monde.

C’est une insulte pour la grande majorité de la population qui souffre de la cherté de la vie, de l’insalubrité, de l’incapacité de l’État à faire fonctionner correctement les hôpitaux publics, à construire des logements sociaux à des prix abordables pour ceux qui ont des bas revenus, à assurer l’éducation de leurs enfants dans de bonnes conditions, etc.

C’est une insulte aussi pour les travailleurs de ce pays qui triment du matin au soir et qui ne perçoivent qu’un maigre salaire ne leur permettant même pas de rentrer chez eux tous les soirs. Ces millions de travailleurs qui sont à la base de toutes les richesses produites dans ce pays, sont considérés comme des esclaves, juste bons à être exploités pour enrichir les capitalistes qui, eux, mènent la belle vie, ici comme ailleurs.

La vie des travailleurs et de la grande majorité de la population qui vit misérablement, ne fait pas partie des préoccupations de Ouattara et de tous ceux qui dirigent ou veulent diriger ce pays. Eux, quand ils parlent de « performance économique », de « développement », de « progrès », « émergence » et autres qualificatifs, c’est toujours du point de vue de la classe des possédants, de ceux qui profitent du système capitaliste.

Cela ne doit pas nous étonner ni nous attrister mais au contraire nous convaincre que nous les travailleurs, nous n’avons rien à attendre de ces gens-là car ils ne sont que des serviteurs ou des candidats au poste de serviteurs de ce système capitaliste fondée sur l’exploitation des travailleurs et sur la recherche du profit maximum. Cela n’est pas propre à notre pays, c’est un système mondial dont la Côte d’Ivoire n’est qu’un maillon.

Si nous voulons changer notre sort, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, collectivement. Notre force c’est notre nombre et le rôle clé que nous jouons dans la production des richesses et dans tous les rouages de l’économie. Sans notre travail, le pays est paralysé. Si nous prenons conscience de la force de notre classe sociale, nous pouvons défendre nos intérêts par la grève et par la mobilisation dans nos quartiers.

Et c’’est parce qu’ils craignent que notre colère n’explose au grand jour que nos dirigeants profitent des festivités ou des compétitions sportives comme la CAN pour nous abreuver de discours patriotiques et nous faire croire que tous les habitants de ce pays, riches et pauvres, ont les même intérêts. Pendant ce temps, l’exploitation continue de plus belle. De plus, pour soi-disant embellir les villes où vont se dérouler les matchs, le gouvernement a procédé à de nombreuses opérations de déguerpissements en chassant les petites gens qui tentent de survivre en faisant du petit commerce le long des rues. Mais ce n’est pas parce qu’on va repousser la misère loin du regard des touristes et des journalistes qui vont affluer à l’occasion de la CAN qu’elle va disparaitre pour autant.

L’opération publicitaire que le gouvernement veut faire autour de la CAN en montrant un pays propre, moderne et attrayant ne trompera que ceux qui veulent fermer les yeux, se boucher le nez et les oreilles !


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