Quand l’impérialisme américain somme le dictateur Déby

12 juillet 2019

Tchad

Quelle mouche a piqué l’Ambassadeur des États-Unis à Ndjaména pour s’en prendre vertement à la politique d’un des ses meilleurs alliés, Idriss Deby, considéré jusque-là comme un bon rempart dans la lutte contre le soi-disant terrorisme dans le Sahel ?

Dans un communiqué publié le 7 juin dernier, l’ambassade des États-Unis invite sans ménagement le Tchad à veiller au «plein respect du droit des citoyens de se rassembler paisiblement, même lorsque le but du rassemblement est de critiquer le régime et d’inciter les citoyens à voter contre le parti au pouvoir ». L’ambassade dénonce également l’interdiction systématique des manifestations publiques de l’opposition alors même que le pouvoir cherche à organiser les élections législatives prévues pour cette année.

Quelques semaines plus tôt, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) a expressément invité les autorités tchadiennes à ouvrir le jeu politique si elles veulent que les organisations internationales lui apportent une aide pour l’organisation des prochaines élections législatives.

Les autorités tchadiennes ont poussé un coup de gueule contre ce qu’elles qualifient d’« ingérences étrangères ». Le « gouvernement du Tchad ne permet, sous aucun prétexte, une forme quelconque d’atteinte à sa souveraineté », ont-elles répondu.

Sous prétexte de la lutte contre le terrorisme ou pour assurer soi-disant la sécurité contre cette menace, le gouvernement a interdit systématiquement depuis plusieurs années, les partis politiques et associations de se rassembler ou de manifester dans la rue. La répression s’abat systématiquement contre toute organisation, contre toute association ou contre tous ceux qui essayent de braver cette interdiction.

Deby a été offusqué par les petites remontrances verbales de ses protecteurs et amis des grandes puissances. Alors il fait semblant de s’indigner, histoire de faire croire que c’est lui qui commande alors qu’il n’est qu’un petit pantin au service de l’impérialisme qui lui laisse piller les caisses de l’État en échange de services rendus.