Les petits producteurs de fruits et les travailleurs des villes face à l’incapacité des dirigeants et à l’intransigeance patronale

25 février 2022

Madagascar

Razafindravahy, ministre de l’industrialisation, du commerce et de la consommation, vient d’effectuer un voyage à Fandriana, un district très agricole situé à une quarantaine de kilomètres d’Ambositra. Cette région a selon lui la capacité de produire une quantité industrielle d’ananas. Il déclare que dorénavant le gouvernement veut aider les agriculteurs et qu’il va tout mettre en œuvre pour l’implantation d’une unité de transformation de ces fruits. Ses services vont, dit-il, s’occuper de l’approvisionnement en eau et en électricité, précisant même que « nous ne laisserons pas tant que ce ne sera pas fait. Il n’y aura pas de fruits gâtés chez nous ».

Ce ministre n’ignore pas que les travailleurs et les paysans pauvres en ont marre de ces belles paroles généralement sans lendemain. Pour qu’ils soient réceptifs à son discours, il a dû faire distribuer quelques tonnes de « Vary tsinjo », riz réservé aux personnes très déshéritées.

Il n’y a pas que les ananas qui sont jetés le long des routes faute de pouvoir être acheminés vers les marchés des villes : au mois de décembre dernier 30 mille tonnes de litchis n’ont pas trouvé preneur sur la côte Est, notamment dans la région de Fitovinany à cause du mauvais état des routes. Pendant ce temps plus d’un million de personnes habitant l’extrême sud-ouest du pays sont en train de connaitre un degré de famine d’une gravité sans précédent.

Les travailleurs des zones industrielles des grandes villes ne sont pas logés à meilleure enseigne. Des discussions préliminaires sont en cours entre le patronat, les syndicats et le gouvernement, pour une « refondation » du code de travail. Face à la couardise des dirigeants syndicaux, les patrons exigent encore plus de flexibilité de la part des travailleurs. En fait tous ces gens sont complices pour ne pas augmenter les salaires malgré l’inflation galopante.

Les travailleurs n’ont pas à se sentir engagés par toutes ces tractations qui se déroulent loin de leurs yeux et de leurs oreilles, dans les salons feutrés de la bourgeoisie. Leur force réside dans leur conscience de classe et dans leur organisation. C’est grâce à leur travail que les fortunes se bâtissent dans le pays et en dehors du pays. Que les exploiteurs se le tiennent pour dit !