Dépenses militaires croissantes au mépris de la population

20 mai 2015

Tchad

Après ses interventions militaires au Mali, Nigeria, Cameroun et Niger, voilà maintenant Idriss Deby qui vient de signer un accord avec le Yémen pour envoyer ses soldats combattre les djihadistes dans ce pays.

On entend dire ici dans l’immigration que les Tchadiens sont des « braves », que leur armée ne recule jamais devant rien ; récemment une délégation de travailleurs maliens s’est rendue à l’ambassade du Tchad à Paris pour « féliciter» et en même temps « remercier » le « guerrier » Idriss Deby, l’homme dont les soldats ont « libéré » le Mali.

Tout cela c’est de la bêtise, c’est ignorer que l’aventure guerrière de Deby, avec la bénédiction et le soutien logistique du gouvernement français, fait plutôt beaucoup de mal aux populations tchadiennes, surtout dans les milieux défavorisés. Outre les soldats tombés aux fronts pour rien, mais pour que l’impérialisme français puisse assurer sa mainmise dans cette zone du sahel et sauvegarder les intérêts de ses capitalistes, les dépenses pour faire la guerre, même en partie prises en compte par Paris, coûtent très cher aux populations.

La manne pétrolière, au lieu de servir à améliorer leurs conditions de vie de plus en plus difficiles, sert à entretenir la guerre et surtout à remplir les poches des dirigeants alors que le mécontentement continue de gronder dans le pays. Les travailleurs du secteur public qui s’étaient mis en grève pour une augmentation générale de salaire face aux produits de premières nécessités dont les prix s’envolent sur les marchés, n’ont toujours pas eu satisfaction, malgré la signature d’un accord avec le gouvernement. Actuellement les lycées, collèges et écoles publiques sont fermés : les enseignants, soutenus par leurs élèves, sont en grève pour réclamer le paiement régulier de leur salaire ; ils en ont marre de courir derrière leur paie chaque fin de mois.

Tandis que les travailleurs et autres catégories sociales défavorisées croulent dans la misère, les Idriss Deby, son clan et son entourage vivent à l’aise : ils n’ont pas de souci d’argent, roulent dans de belles voitures et dorment dans de beaux « châteaux ».

C’est une injustice criante à laquelle il faudrait qu’un jour les travailleurs et les classes pauvres mettent fin.