Éditorial

Connivence entre le gouvernement les islamistes et les esclavagistes

24 juillet 2014

MAURITANIE

 

Le chef d’une organisation islamiste mauritanienne baptisée Ahbab Errassoul (Les amis du prophète) a lancé récemment une « fatwa » contre une militante des droits de l’homme (Aminetou Mint el-Moctar) parce qu’elle a osé défendre publiquement dans un article de presse, un homme (Cheikh Ould Mkheitir) actuellement détenu injustement en prison par les autorités mauritaniennes. Son crime est d’avoir dénoncé l’esclavage dont sont victimes encore environ 150 000 personnes dans ce pays. L’esclavage y est officiellement aboli depuis 1981 mais il se pratique toujours en toute impunité. Les dirigeants qui se sont succédé à la tête de ce pays ont toujours fermé les yeux sur ces pratiques car eux-mêmes et leurs familles de riches possédants les pratiquent. Ceux qui sont punis en revanche, ce sont surtout les militants anti esclavagistes et les associations qui les soutiennent. Le pouvoir de l’actuel président Ould Abdel Aziz ne fait pas exception à la règle.

L’autre crime de Cheikh Ould Mkheitir est d’avoir osé critiquer des « écrits saints » des « érudits » locaux de l’islam dans lesquels la pratique de l’esclavage est explicitement tolérée. Cela lui a valu de la part des imams et des associations qu’ils dirigent (et qui ont pignon sur rue) des appels à la peine de mort pour « apostasie » et « propos sataniques ». Cela a valu aussi à la militante des droits de l’homme, Aminetou, des menaces de mort proférées par la fatwa. Il est écrit dans cette fatwa que cette femme est « une infidèle » et que « quiconque la tue ou lui arrache les deux yeux sera rétribué chez Allah ».

Les autorités du pays ne semblent pas du tout préoccupées par ces menaces de mort. Elles ont plutôt tendance à encourager les associations musulmanes de sortir dans les rues pour crier leur haine contre ceux qui ont le courage de dénoncer publiquement les injustices couvertes par l’islam en Mauritanie.

Voila comment le pouvoir du dictateur Mohamed Ould Abdel Aziz, les mouvements islamistes et les partisans du maintien de l’esclavage font cause commune en Mauritanie sans que cela ne froisse les dirigeants des grandes puissances qui n’ont à la bouche que des mots hypocrites sur la « démocratie » et « les droits de l’homme »