Travailleurs ivoiriens et maliens : mêmes ennemis et même combat !

06 février 2023

CÔTE D’IVOIRE – MALI

Les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis le mois de juillet 2022 ont été libérés le 7 janvier 2023 après avoir été graciés par Assimi Goïta, le chef de la junte malienne. Cette « grâce présidentielle » a été accordée après un simulacre de procès à Bamako quelques jours plus tôt et au cours duquel les soldats ivoiriens ont été accusés d’être des « mercenaires » et d’« atteinte à la sûreté de l’État » puis condamnés à 20 ans de réclusion et 2 millions de francs CFA d’amende chacun.

Leur retour à Abidjan a été organisé pompeusement par l’État ivoirien : tapis rouge, télé et tout le tintouin présidentiel. Ouattara en personne a fait le déplacement jusqu’au pied de l’avion, histoire de montrer que cette libération a été son œuvre personnelle. Les médias gouvernementaux n’ont pas manqué de faire des gros plans sur les larmes de joie et la liesse des familles de soldats venues massivement à l’aéroport pour présenter tout cela comme un signe de remerciement affectueux destiné au président.

Pour ce dernier et les médias à sa dévotion, c’était bien sûr une occasion en or pour distiller un discours nationaliste sous forme d’hommage « aux vaillants soldats » et la non moins vaillante armée ivoirienne, etc. Ces cocoricos sont bien entendus destinés à tromper la population, plus particulièrement celle des quartiers populaires qui souffre des bas salaires et de la vie chère, et lui faire croire que le président et son gouvernement agissent pour la protéger contre on ne sait quels « ennemis extérieurs».

Une chose est sûre, c’est que les ennemis des travailleurs sont d’abord dans leur propre pays. Ce sont les capitalistes qui les exploitent à mort pour une poignée de cacahuètes ainsi que l’État national qui protège ces prédateurs avec sa police et son armée. Personne n’ignore que ces forces de l’ordre sont surtout « vaillantes » lorsqu’il s’agit de réprimer et de racketter les populations pauvres !

Aucun travailleur de Côte d’Ivoire ne doit se laisser berner par le discours ambiant xénophobe et anti-malien qui fleurit sur les réseaux sociaux locaux !

De leur côté, les travailleurs maliens subissent aussi le même discours nationaliste propagé par le clan des putschistes au pouvoir. En faisant du tapage médiatique autour de l’arrestation des soldats ivoiriens, Assimi Goïta a aussi trouvé une occasion en or pour tromper son propre peuple et avant tout les travailleurs maliens qui souffrent des mêmes maux que leurs frères de Côte d’Ivoire.

L’État malien comme son semblable de Côte d’Ivoire est avant tout au service des exploiteurs locaux et internationaux qui pillent les richesses du pays avec la complicité des dirigeants locaux, civils ou galonnés. Le discours anti-français, anti-CEDEAO qui fleurit à Bamako n’est qu’un paravent pour embrigader les populations pauvres derrière leur propre dictateur.