CAN 2022 : foire au patriotisme et affaire de gros sous

25 février 2022

Cameroun

Du 9 janvier au 6 février 2022, 24 pays africains étaient en compétition pour le titre de la meilleure équipe de football du continent. Le Cameroun, pays organisateur de cette 39ème édition a investi pas moins de 520 milliards de francs CFA (près de 800 millions d’euros) dans les infrastructures sportives et dans certains autres aménagements nécessaires à l’organisation d’une telle compétition.

Si pour les amateurs de foot, c’est une occasion de voir évoluer les meilleurs joueurs du continent, c’est une affaire de gros sous pour les entreprises du BTP chargées de réaliser les infrastructures, pour la FIFA et la CAF qui vendent les droits de transmission et pour les médias qui couvrent l’évènement.

De plus, les riches et les gouvernements à leur service se servent de la passion autour du foot pour exalter le nationalisme et le patriotisme. Ils donnent aux pauvres de leurs pays respectifs l’illusion de faire partie d’un seul peuple, faisant oublier pour un temps la misère dans laquelle vivent les pauvres, à côté de l’opulence des riches. Les scènes de liesses populaires, de déception et même souvent d’émeutes qui rythment les succès ou les déboires des équipes illustrent bien cette excitation autour de la compétition.

Pour cette CAN 2022, des querelles sur les réseaux sociaux entre supporteurs ivoiriens et camerounais se sont déplacées sur le terrain de foot. Cela s’est transformé ensuite en adversité entre populations des deux pays au point que la défaite du Cameroun a été accueillie avec des clameurs de joie et même célébrée en Côte d’Ivoire.

Au-delà de toutes les passions et des manipulations autour de la Can, elle sert surtout d’exutoire. Au Sénégal, pays dont l’équipe a remporté la coupe, après l’euphorie de la victoire et le jour férié, chacun est retourné à sa condition habituelle. L’ouvrier se fait pressurer par le patron et le paysan dépouiller par l’acheteur de ses produits.