Le travail des enfants, une réalité de plus en plus visible

03 juin 2021

CÔTE D’IVOIRE

Comme tous les ans, nous avons droit à tout un cinéma sur le travail des enfants en Côte d’Ivoire. Cette comédie est jouée par les gens du gouvernement, des ONG, et surtout par les multinationales qui s’enrichissent justement dans le commerce du chocolat, notamment les capitalistes américains. Mais c’est leur système capitaliste en pourrissement avancé qui fait que de plus en plus d’enfants sont obligés de travailler pour aider leurs parents à subvenir aux besoins quotidiens.

Le travail des enfants, il n’y en a pas que dans les plantations de cacao, de palmiers à huile, anacarde, coton et autres. Ils sont certainement encore plus nombreux dans les grandes villes comme Abidjan. Il y a les petites bonnes qui sont des travailleuses à plein temps, les petites vendeuses dans les marchés, sur les bords des trottoirs et aujourd’hui de plus en plus des vendeuses itinérantes, qui parcourent les rues et les quartiers. Il y a aussi les jeunes apprentis dans les ateliers de chaussures, de confection, de mécanique ou de menuiserie. Ce sont peut-être des apprentis, mais ce sont avant tout des travailleurs bon marché et corvéables à merci.

À côté de tous ceux-là, il y a aussi les enfants qui vont encore à l’école tant que les parents peuvent se le permettre mais qui, avec l’augmentation du coût de la vie et le blocage des salaires, passent de plus en plus de temps à parcourir les rues avec leurs brosses à chaussures, des mouchoirs lotus à vendre ou une raclette pour nettoyer les vitres des voitures sur les voies de circulation.

Il y a 30 ans encore, il y avait bien moins d’enfants qui cherchaient ainsi pitance. C’est dire que la situation des travailleurs, comme de la grande majorité de la population, en ville comme au village, régresse en Côte d’Ivoire, y compris pour des catégories de salariés comme les instituteurs, par exemple.

Aujourd’hui, de plus en plus de travailleurs vivent de petits contrats précaires comme les journaliers, y compris dans les grandes entreprises. Alors que le coût de la vie renchérit d’année en année, les salaires des travailleurs stagnent, voire baissent. Les anciens se souviennent qu’il y a un peu plus de trente ans, le travail de journalier était interdit par la loi en Côte d’Ivoire même s’il était largement pratiqué dans les petites entreprises, notamment dans le secteur dit « informel ». Les industriels ont fait pression sur le gouvernement d’alors pour que cette loi soit modifiée afin qu’eux aussi puissent profiter d’une main-d’œuvre bon marché et corvéable à merci. C’est ainsi que cette loi fut modifiée

Quant au petit paysan, il est obligé de produire plus pour un revenu moindre à cause des bas prix auxquels il doit céder sa production. C’est le cas dans l’hévéa, le palmier à l’huile, l’anacarde, le cacao et autres cultures de rente. Du coup, les enfants de toutes ces familles, en ville comme au village, sont bien obligés de chercher de l’argent pour que la famille ne s’enfonce pas encore plus dans la misère.

Alors, les industriels du cacao, les multinationales qui s’enrichissent dans le négoce et la production de chocolat peuvent faire du cinéma en indexant le travail des enfants dans les plantations de cacao. Ils sont les premiers à imposer un vil prix aux producteurs et sont de ce fait les premiers responsables de cette situation !

Quant au gouvernement ivoirien, il feint de brandir la loi qui interdit le travail des enfants en Côte d’Ivoire, mais personne n’est dupe de sa supercherie. Il est complice de l’exploitation des enfants et profite lui aussi de cette réalité comme il profite de l’exploitation capitaliste en générale.