Éditorial

Élection présidentielle au Mali : vingt-quatre candidats pour tromper, voler et exploiter les travailleurs

16 juillet 2018

L’actuel président malien, Ibrahim Boubacar Keita, aura face à lui 23 candidats (dont une seule femme) lors du premier tour de l’élection présidentielle le 29 juillet prochain. La très grande majorité des candidats est composée de politiciens ayant déjà participé au moins une fois au pouvoir en tant que Premier ministre, ministre, conseiller, etc. Certains se présentent en tant qu’homme d’affaires, d’autres comme « membre de la société civile » mais ce qu’il y a de commun à tous c’est qu’ils sont tous issus des milieux aisés, ils habitent dans les quartiers huppés et ne connaissent pas des fins de mois difficiles. Leurs enfants vont dans les écoles réservées aux riches, ils vont se faire soigner dans les hôpitaux autres que ceux des pauvres. Bref, ils vivent dans un autre monde que celui de la majorité de la population.

Ils parlent tous « au nom du peuple », prétendent mettre fin à la corruption, apporter « la paix et la prospérité », etc. Mais les travailleurs et les populations pauvres n’ont rien de bon à attendre de ces politiciens dont la seule véritable ambition est d’occuper le palais de Koulouba (du nom de la colline où est située la présidence) et de mettre la main sur les deniers publics pour leur enrichissement personnel.

Certains travailleurs, notamment ici dans l’émigration, sont tentés de voter pour tel ou tel candidat en raison de la proximité ethnique ou régionale. Ils se trompent doublement car un prédateur reste un prédateur quelle que soit son appartenance ethnique. Une fois élu, il ne fera pas ce qu’il a promis à ses électeurs mais ce que l’impérialisme français lui dictera.