La prétendue amélioration des conditions de travail

22 février 2016

CÔTE D’IVOIRE

Le ministre de l’Emploi, lors d’une cérémonie de présentation des vœux qui s’est tenue le 2 février, s’est auto-félicité des soi-disant « améliorations constatées au niveau des conditions de travail en Côte d’Ivoire.». A l’entendre parler, on croirait que ce ministre vient directement d’une autre planète, tellement il est déconnecté de la réalité. Ces gens de là-haut vivent dans un autre monde qui n’a rien à voir avec le nôtre. Et parfois, quand il arrive à ces dignitaires de l’état de faire des visites dans les entreprises, c’est du pur cinéma. Les patrons prennent auparavant soin de tout nettoyer. Les machines sont lavées, les façades sont repeintes, le gazon tondu. Les journaliers sont mis à l’écart pour éviter qu’ils soient vus par les officiels. Ceux qui doivent figurer sur le parcours ont souvent des équipements neufs et doivent afficher un large sourire pour montrer que tout va bien.

Dans la réalité de tous les jours c’est tout à fait le contraire. D’année en année, l’emploi se précarise. Dans les usines de la zone industrielle de Yopougon par exemple, c’est le système de journalier qui prend de l’ampleur. Les embauchés sont de plus en plus remplacés par de journaliers plus corvéables, ne bénéficiant d’aucune protection et payés au rabais.

Les conditions de travail ne cessent de se dégrader. Rares sont les usines où le patron se donne la peine d’équiper les travailleurs en matériel de sécurité adéquat. Résultat, les accidents de travail et les maladies professionnelles sont monnaie courante et la prise en charge des accidentés est plus qu’insignifiante.

Concernant les augmentations de salaire dont ces autorités se gargarisent tant, elles sont complètement dérisoires vu le niveau actuel du coût de la vie. Et avec ça, dans la plupart des entreprises où ces augmentations ont été appliquées, il a fallu que les travailleurs se mettent en grève ou menacent de le faire. De nombreuses entreprises n’appliquent pas encore ces augmentations.

Alors, que les patrons et le ministre arrêtent leur cinéma !