Les troupes françaises ne sont pas là pour mettre fin aux massacres

06 mars 2014

Centrafrique

Après sa visite au Nigéria, François Hollande, pour la deuxième fois consécutive, s’est rendu en Centrafrique le 28 février dernier. A l’aéroport de Bangui M’Poko où se trouve le QG des troupes françaises, il a salué l’action des soldats qui, selon lui, ont « sauvé des milliers de vi ». Ce n’est que pure propagande pour faire croire que les troupes françaises sont présentes en Afrique et plus particulièrement en Centrafrique pour accomplir des œuvres humanitaires. Il a confirmé le renforcement en nombre des soldats français en Centrafrique et a demandé à l’ONU et à l’Union Européenne de s’impliquer davantage. Il faut rappeler que la force Sangaris (nom de l’opération militaire française en Centrafrique) dispose de 2000 soldats. De son côté Ban Ki-Moon, le Secrétaire général de l’ONU envisage de porter le nombre de Casques bleus de 6000 actuellement à 9000, agissant dans le cadre de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique).

La nouvelle présidente de Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a estimé que la situation s’est « énormément améliorée » depuis sa prise de fonction il y a un mois, cependant elle demande le renforcement des forces militaires pour sécuriser le pays. La réalité est que même dans la capitale Bangui, le bruit des Kalachnikov est loin d’avoir disparu. La situation est pire à l’intérieur du pays. L’armée centrafricaine est complètement inopérante. Il en va de même pour l’administration qui est dans le chaos le plus total.

Quelques jours auparavant, la télévision française a montré, en direct, le lynchage à mort d’une personne à Bangui, sous prétexte que c’était un sorcier et espion de la Séléca, du nom de l’organisation des rebelles au service de Djotodia, président centrafricain poussé à la démission par Hollande. Un soldat de l’armée centrafricaine a participé à ce lynchage public, sans être inquiété.

C’est tous les jours que des affrontements ont lieu dans la rue, dans les quartiers, entre des éléments de la Séléka, et des anti-balaka, miliciens favorables à l’ancien président Bozizé, chassé du pouvoir par Idriss Deby, avec l’accord du gouvernement français.

Ces tueries se déroulent parfois au nez et à la barbe des troupes françaises sans que des soldats ne lèvent le petit doigt, pour empêcher ces massacres, soigner des blessés ou secourir des dizaines de milliers de réfugiés qui campent près de l’aéroport Bangui Mpoko, à quelques mètres seulement de là où s’est installé le camp militaire français. Alors, le discours de Hollande qui prétend que l’armée française intervient en Afrique pour venir au secours de la population est un pur mensonge destiné à masquer la vraie raison : celle de veiller aux intérêts de la bourgeoisie française dans ses anciennes colonies.