Éditorial

L’État est au service des capitalistes contre les travailleurs !

26 octobre 2015

CÔTE D’IVOIRE

 

Une fois de plus, à l’occasion d’une récente grève dans le secteur des travaux publics et du bâtiment, l’État ivoirien a montré que lorsque les travailleurs luttent pour leur dignité et revendiquent des améliorations de leurs conditions d’existence, il se place toujours du côté des exploiteurs.

Les travailleurs de l’entreprise de construction Soroubat se sont mis en grève durant plusieurs jours pour faire respecter leurs droits élémentaires, face à un patron qui les considère comme ces esclaves. Ils se sont battus courageusement malgré le renvoi de plusieurs d’entre eux pour fait de grève, malgré la difficulté de vivre et de nourrir sa famille en étant privé de salaire. Ils ont tenu bon grâce à leur volonté de défendre leur dignité et grâce la solidarité entre eux.

Le patron, lui, a compté sur une autre « solidarité », celle de l’appareil d’État qui tout naturellement a dépêché un détachement de sa force de l’ordre pour réprimer les grévistes. Cinq d’entre eux ont été mis sous les verrous comme des bandits. Ils n’ont commis aucun délit mais aux yeux de l’État les intérêts du patronat sont sacrés. Jusqu’aujourd’hui ils n’ont toujours pas été relâchés car le patron et le gouvernement ont décidé de sévir pour que cela serve d’exemple.

Les dirigeants de l’appareil d’État et ceux du patronat sont liés par de multiples liens d’intérêts communs. Ils font partie du même monde bourgeois, vivent dans les mêmes quartiers et font souvent partie de la même famille. Les travailleurs font partie d’un autre monde, celui des prolétaires ; ils constituent une classe sociale dont les intérêts sont opposés à ceux de la bourgeoisie.

Les politiciens qui se succèdent au pouvoir sont payés pour faire des discours trompeurs sur la « nation ivoirienne » destinés à faire croire que tous ceux qui appartiennent à cette nation auraient les mêmes intérêts. Et à l’occasion de la campagne électorale actuelle pour l’élection présidentielle, ils vont nous gaver un peu plus de leurs discours démagogiques. Mais la réalité est toute autre. Même s’ils vivent dans le même pays que les politiciens et les bourgeois, Ils ont des intérêts spécifiques en tant qu’exploités. Ils ont tout intérêt à s’unir et à s’organiser entre travailleurs, par delà leur origine ethnique ou géographique pour se défendre et pour bâtir une autre société où l’exploitation de l’homme par l’homme sera bannie.