Des soldats revendiquent des primes et des promotions

27 février 2014

Mali

Le 8 juin dernier devait se dérouler à la caserne de Koulikoro (environ 60 kilomètres de Bamako) une cérémonie officielle pour célébrer la fin de la formation des 715 premiers militaires maliens (soldats, sous-officiers et officiers) sous l’égide de l’Union Européenne et chapeautée par un général français. Toute une brochette de personnalités politiques locales et internationales était conviée à cette cérémonie où l’on devait montrer un bataillon « opérationnel » et prêt à être envoyé à Kidal. Hélas pour tout ce beau monde, la cérémonie a été reportée au tout dernier moment parce que les soldats ont refusé de s’y présenter si les autorités ne répondaient pas positivement à leur revendication d’une prime mensuelle de 50 000 F Cfa (75 euros) ainsi que des promotions de grades avant d’être envoyés au front dans le nord du pays.

Du côté des représentants de l’Union européenne certains se sont sentis « soufflés par l’affront fait à l’UE qui dépense 10 millions d’euros pour encadrer ces militaires, qui ensuite demandent à être défrayés pour avoir été formés. On marche sur la tête! « . Ils n’en reviennent pas en effet, eux qui croyaient avoir formé des soldats bien « éduqués » et qui devaient servir de modèles à l’ensemble de l’armée malienne.

Du côté du gouvernement malien et de son état-major militaire, on a surtout fait profil bas et minimisé la fronde des soldats en déplorant timidement leurs « demandes inappropriées ». Ils ont surtout peur que la fièvre gagne l’ensemble de l’armée, en particulier les 3000 soldats prévus à la même formation. Du coup le « bataillon Waraba » (lion en bambara) a été mis d’office en permission pour éviter de contaminer les promotions suivantes. Mais la principale raison pour laquelle Dioncounda Traoré fait profil bas c’est surtout sa trouille devant l’armée (en particulier le clan du capitaine Sanogo) qui détient le vrai pouvoir à Bamako.