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DES CADEAUX FISCAUX AUX ENTREPRISES DES ZONES FRANCHES

MADAGASCAR

L’État et le Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP), viennent de signer un accord prévoyant de nombreux avantages pour les capitalistes de ce secteur. Dorénavant ils pourront créer des succursales à l’étranger, leurs importations à Madagascar ne seront plus soumises à la TVA et les opérateurs de ce secteur bénéficieront jusqu’à 75% d’exonération des impôts sur les bénéfices, pour peu qu’ils déclarent avoir investi.

Par ces cadeaux aux patrons sans aucune contrepartie réelle, l’Etat prétend donner « un coup de pouce » à ce secteur afin de l’encourager à embaucher et contribuer au « développement harmonieux et durable du pays ». Ce secteur deviendrait ainsi plus compétitif et passerait, selon les prévisions de Charles Giblain, un homme d’affaires franco-malgache président du GEFP, de 100 000 emplois actuellement à 300 000 dans les cinq ans à venir.

Ce n’est pas la première fois que le patronat bénéficie des faveurs de l’Etat, mais il en veut toujours plus sans être lié par un quelconque engagement et sans embaucher.

Les travailleurs des zones dites franches sont très mal lotis et sont contraints d’accepter des conditions de travail infernales avec des droits syndicaux presque inexistants et des salaires dérisoires. Avant 2009 des patrons sans scrupules avaient créé des ateliers taudis en tôles et en planches dans lesquels des milliers de travailleurs étaient soumis à des cadences infernales. A la faveur de la crise politique qui a opposé les deux principaux clans des classes riches et des troubles qui ont suivi, ces patrons ont jeté purement et simplement les travailleurs à la rue. Plusieurs de ces constructions vétustes et précaires ont flambé et leurs propriétaires se sont volatilisés, sans avoir régularisé les salaires dérisoires des travailleurs. Les zones franches ont cependant continué à tourner au ralenti en faisant des sous-traitances avec l’Ile Maurice et quelques contrats avec la France.

Madagascar a été suspendu de l’AGOA (une sorte de communauté économique liée aux USA) pour cause de mal gouvernance et ce n’est que depuis plus d’un an, bien après la tenue des élections, que ce pays a été à nouveau intégré à cette structure et que les zones franches connaissent un regain d’activité. Il s’agit essentiellement d’usines de confection produisant pour les grandes marques de vêtements à travers le monde.

Avant d’être élu Président de la République, Hery Rajaonarimampianina a été homme d’affaires et a aussi ministre. Il était bien placé pour être au courant de la situation des travailleurs victimes des abus patronaux mais n’a jamais émis la moindre désapprobation à l’encontre de ces derniers. Ici ou là des grèves éclatent, dans les zones franches et ailleurs : mines d’Ambatovy, Air Madagascar, employés des Domaines, ceux du Trésor Public, contractuels de l’enseignement… Elles ne sont pas toujours victorieuses mais les salariés savent se faire respecter.


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