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LA MOBILISTATION DES TRAVAILLEURS A CONTRAINT SOBATT À PAYER

C’est le mercredi 06 mai passé que la direction de SOBATT, une entreprise de travaux en bâtiment, a fini par payer une partie de l’argent qu’elle nous avait volé. Nous avons dû menacer de rentrer en grève avant qu’elle ne s’exécute.

SOBATT, tout comme les autres entreprises qui opèrent sur le site de Vridi-Ciprel, agissent comme des maisons de placement de main d’œuvre. Elles proposent de la main-d’œuvre aux entreprises coréennes qui effectuent les travaux d’extension de cette centrale électrique. Ces intermédiaires négocient donc des contrats avec ces entreprises coréennes et recrutent ensuite des travailleurs pour leurs comptes. Ainsi, sur ce site il y a : RMO, KTI, SNS, 64 CONSTRUCTION, SOBATT, etc. Mais ces structures de placement de main d’œuvre ne se contentent pas de la marge bénéficiaire qu’elles ont jugée avec les coréens. Elles établissent par ailleurs des contrats et des bulletins de paye truqués pour gruger les travailleurs. Comme cela arrive souvent, quand un groupe de travailleurs se rend compte de ces malversations, ils s’organisent et revendiquent le réajustement de salaire et le rappel de ce qui leur a été ainsi volé. C’est ce qui s’est passé à Sobatt.

Il y a déjà plusieurs mois de cela, nous avons interpelé notre employeur sur des défauts que nous avions constatés sur nos bulletins de paie. En effet, le salaire de base journalier était inférieur au taux horaire mentionné. Et comme ce sont des contrats journaliers, les congés payés et la gratification sont calculés en même temps que le salaire mensuel. Ainsi notre manque à gagner se répercute sur l’ensemble. Or, la direction qui l’avait fait sciemment pour nous gruger ne donnait aucune réponse. C’est alors que nous avons adressé une liste de revendications à notre direction en faisant une ampliation à l’inspection de travail. Nous leur avons signifié par la même occasion que c’est aussi un préavis de grève de 6 jours. L’inspection de travail de Vridi a vite fait de convoquer les deux parties. Au cours de la confrontation, il a été reconnu que Sobatt avait fait du faux sur les bulletins de paie.

Il fut ainsi décidé que l’inspection fasse les calculs de ce qui a été volé pour le reverser aux travailleurs. Mais une fois les calculs terminés, Sobatt ne voulait plus rembourser. Les travailleurs, fatigués de faire des va-et-viens à l’inspection de travail, ont opté finalement pour la lutte. Ils ont déposé un nouveau préavis de grève. Pris de peur, l’employeur a demandé une négociation qui a abouti finalement à couper la poire en deux.

Les sommes à payer étaient compris entre 50.000 Fr à 300.000 Fr pour chacun d’entre nous. Nous étions conscients que le compte n’y était pas totalement. Mais c’est notre mobilisation qui a fait qu’on a gagné même ce peu. On a opté pour « tiens en voilà un, au lieu de deux, tu l’auras ». Et nous sommes contents de cette petite victoire parce que nous nous sommes fait respecter. Depuis que nous nous sommes organisés, l’arrogance de la direction et des petits patrons a fait place à un peu plus de considération.


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