UATCI

LES FRUITS POURRIS DU CAPITALISME

USA

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L’assassinat de Michael Brown à Ferguson, dans le Missouri, n’est pas un acte isolé. Etre Noir dans certains états des Etats-Unis, c’est être une cible vivante. Et si ce meurtre a fait le tour de la planète, c’est parce que, cette fois, la population noire a décidé de ne pas laisser ce crime impuni. Les images des manifestations, des affrontements avec la police, des émeutes pour obtenir justice, où à tout le moins pour que le policier blanc qui a tiré soit incarcéré, ont fait le tour du monde. « Le pouvoir ne cède rien sans revendication »c’était une phrase célèbre d’un discours de Frederick Douglass sur la lutte pour renverser l’esclavage. 157 ans après, c’est toujours aussi vrai. Alors, il faut espérer que cette fois, la population en révolte arrivera à imposer que justice soit rendue.

Il n’en reste pas moins que, près de cinquante ans après les assassinats de Martin Luther King et de Malcom X, le racisme et le Klu Klux Klan soient toujours présents aux Etats-Unis, le pays le plus avancé de la planète, celui dont l’« American Way of Life » a fait rêver des générations de jeunes à travers le monde !

Le combat antiségrégationniste des années 50 et 60 a certes permis à une petite bourgeoisie noire de se faire une petite place, sans doute provisoire avec la crise actuelle, au soleil de l’Amérique. Il y a des Noirs avocats, maires, sénateurs, et même Président. Celui-ci a même envoyé un Noir pour diriger la police à Ferguson, et ce dernier a défilé avec les manifestants. Mais le racisme et les meurtres racistes demeurent, et Munia Abu Jamal, ce militant noir condamné à mort en 1982 pour un meurtre dont il a été reconnu innocent, est toujours en prison ! Et les Noirs pauvres, ceux justement des villes comme Ferguson, qui sont de plus en plus nombreux avec la crise, subissent de plein fouet ce racisme. Et même à double titre : en tant que Noirs et en tant que pauvres. Car le racisme se double d’un mépris social envers les classes pauvres dont la police et l’Etat américains font une preuve éclatante.

Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage, disait Jean Jaurès. Il porte aussi en lui tous les fléaux sociaux de la terre, tout ce qui est source de division entre ses ennemis mortels, les prolétaires, les travailleurs. Il porte le racisme en lui, il porte les conflits ethniques.

Les manifestants de Ferguson, Noirs mais aussi Blancs, ont pris le seul chemin qui leur permette d’obtenir justice : celui de la révolte. Mais pour éradiquer, déraciner, définitivement le racisme, il faut prendre conscience qu’il faut s’attaquer au capitalisme lui-même.

Dans un discours fameux, Luther King s’était adressé à l’Amérique, au monde en proclamant « I Have a Dream », « j’ai fait un rêve », celui d’une société harmonieuse où Noirs et Blancs se tendent la main. Pour que ce rêve puisse devenir réalité, il aurait fallu choisir de s’attaquer au capitalisme, au lieu de chercher à s’en accommoder. C’est le chemin que refusait de prendre le mouvement non-violent de Martin Luther King. C’est celui sur lequel commençait à s’engager Malcom X avant qu’il soit abattu en 1965.

C’est ce défi qui reste à relever, aux Etats-Unis : celui de la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire qui se donne pour mission de prendre la tête des luttes des opprimés. C’est la seule perspective qui soit porteuse d’espoir et d’avenir.


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