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LES « LOGEMENTS SOCIAUX » N’ONT DE SOCIAUX QUE LE NOM !

CÔTE D’IVOIRE

Le DG de la SICOGI (Société Ivoirienne de Construction et de Gestion Immobilière) qui est une société d’État a eu à répondre à un certain nombre de préoccupations des consommateurs. C’est la société qu’il dirige qui pilote le projet dit des « logements sociaux ».

Mais quels travailleurs, par exemple, du bâtiment peuvent se permettre de s’offrir une des maisons qu’ils font sortir de terre par leur travail ? Quel ouvrier a les moyens de payer 500 000F comme acompte pour un coût total de 5 millions à payer sur 48 mois ?

Le DG de cette structure a tenu à rappeler que la Côte d’Ivoire est un pays avec un « système libéral » et le gouvernement ne saurait selon lui influer sur les prix. Ce qui n’empêche pas le parti au pouvoir de faire tout un tapage sur la construction des « logements sociaux » inaccessibles aux bourses des plus pauvres. Alors que, justement, ce sont eux qui ont besoin de se loger. Ils sont condamnés à vivre dans les bidonvilles, où l’accès à l’eau potable est problématique. Dans leurs quartiers précaires il n’existe pas de voiries, de caniveaux, d’évacuation d’eau, de toilettes. C’est le lot quotidien de la grande majorité des habitants d’Abidjan.

Il faut rappeler que c’est la SICOGI qui a construit dans les années 70 tous les quartiers SICOGI qu’on retrouve dans des communes comme Bingerville, Yopougon, Marcory, une partie des 220 logements à Adjamé, etc.

Ces constructions répondaient à un besoin réel de manque de logements. Il faut rappeler que la ville d’Abidjan était à l’origine constituée de plusieurs petits villages ébriés. Sa position géographique a fait que l’ex puissance coloniale voulait en faire un centre économique et industriel régional. Alors pour attirer les capitalistes, il fallait construire les routes, les hôpitaux et tout ce qui est nécessaire pour permettre aux entreprises de s’installer. Dans cette même ligne, les constructions des années 70 répondaient aux besoins des riches et arrangeaient aussi en passant les populations qui ont eu ainsi un toit pour habiter.

Aujourd’hui, la promotion des logements dits sociaux répond à un manque énorme d’habitations. Abidjan compte aujourd’hui 6 millions d’habitants. Plus de la moitié vivent dans des bidonvilles.

Mais quoi qu’en disent les tenants du pouvoir, ces logements sont construits non pas pour ceux qui en ont le plus besoin mais pour ceux qui ont les moyens de les payer. D’ailleurs, la construction de ces logements a été confiée à des promoteurs privés dont le seul but est de faire des profits.

Actuellement, il est bien sûr possible de construire des logements à la portée des plus petites bourses. Il faut pour cela mettre en place une politique réelle de construction pour loger les plus démunis. Pour cela, il faudrait obliger les employeurs à financer à leurs frais des logements sociaux pour loger leurs travailleurs. Il faudrait aussi une augmentation générale substantielle des salaires des travailleurs pour leur permettre de se loger décemment.

Mais ce n’est pas d’un gouvernement au service des riches que les travailleurs peuvent attendre de tels actes. Cela ne peut être possible que si les travailleurs l’imposent de force par leurs luttes collectives.


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