UATCI
EDITORIAL

GOUVERNEMENT ET DIRIGEANTS SYNDICALISTES, MAIN DANS LA MAIN AVEC LE PATRONAT, CONTRE LES TRAVAILLEURS !

Comme dans une comédie bien huilée qui se déroule annuellement, les dirigeants de ce pays, c’est-à-dire, patronat et gouvernement, épaulés par les hauts dirigeants syndicalistes, se préparent à fêter à leur façon le 1er mai.

A cette occasion, le patronat lance commandes de tee-shirts et autre casquettes, le plus souvent d’ailleurs de bien médiocre qualité, pour habiller ceux qui acceptent de participer à leur comédie et de marcher aux pas cadencés devant un parterre de hauts dignitaires !

Dans cette grande comédie, les dirigeants gouvernementaux et syndicalistes, ont leur partition à jouer. Ainsi, deux semaines avant la date du 1er mai, le Premier ministre a reçu les dirigeants des centrales syndicales Ugtci, Dignité, Humanisme, Fesaci et autre Unartci, pour coordonner leurs discours, comme pour une répétition d’une pièce de théâtre ! Le secrétaire général de l’Ugtci, Joseph Ebagnerin, patron lui-même par ailleurs, a déclaré à cette occasion au nom des travailleurs : « nous pouvons dire que 50% de nos revendications ont été réglées. L’autre moitié concerne les minimas sectoriels. Nous continuons de travailler ». Bien sûr, lui et ses semblables n’ont pas le souci des fins du mois difficiles ! Et ce n’est certainement pas de ces lèche-bottes que les travailleurs peuvent attendre des améliorations nécessaires de leurs conditions de vie et de travail !

A entendre le Premier ministre Kablan Duncan, le gouvernement a déjà beaucoup fait pour les travailleurs. Il a déclaré qu’en deux ans, 2012 et 2013, le gouvernement a consacré la somme de 2.417 milliards de francs « à la lutte contre la pauvreté » ! Une somme équivalant à la construction de 19 ponts et échangeurs comme celui que Bouygues est en train de construire en ce moment, 20 ans après le début du projet ! Les Duncan et compères veulent amuser la galerie avec ce genre de déclaration mais ils ne trompent pas les travailleurs qui ont des yeux pour voir et qui savent que leurs conditions de vie entre ces deux dates n’ont pas changé. Elles se sont au contraire dégradées.

Les politiciens qui sont à la tête du gouvernement ne font que de la figuration pour faire croire qu’ils servent à quelque chose. Ils ne sont que des marionnettes au service de la classe des grands capitalistes qui sont les vrais maîtres. C’est la puissance de l’argent qui leur donne ce pouvoir.

C’est le propriétaire de l’entreprise qui décide de sa fermeture en jetant à la rue des familles entières ; c’est lui qui décide du maintien d’un travailleur au statut de journalier pour l’exploiter selon son bon vouloir ; il peut tout aussi bien renvoyer un travailleur dont la tête ne lui plaît pas sans en référer à qui que ce soit.

En Côte d’Ivoire, nombre de ministres et autres hauts dignitaires de l’Etat sont en même temps des patrons eux-mêmes. Certains possèdent des grandes plantations agricoles. C’est par exemple le cas du 1er ministre qui possède une plantation de 2500 hectares de cocoteraies. C’est aussi le cas de Billon, ministre du commerce, qui emploie près de 30.000 travailleurs. Il est le premier employeur de Côte d’Ivoire après l’État. C’est donc tout à fait naturellement que les hauts dirigeants de ce pays défendent les intérêts généraux du patronat, c’est-à-dire les leurs. Voilà pourquoi les lois sont toujours à l’avantage de la classe exploiteuse. Quand il arrive quelque fois qu’une loi gène un riche, ce n’est pas un gros problème pour lui, puisqu’avec son argent il peut acheter qui il veut : ministre, député, juge et avocat. Son argent fait force de loi !

Dans ces conditions, les dirigeants à la tête du pays peuvent changer suivant des rapports de forces entre leurs partis politiques et leur clans, mais la situation des travailleurs et des pauvres reste toujours la même. Voilà pourquoi, le changement pour la classe des travailleurs ne peut venir que des luttes collectives qu’ils auront à mener. Ils ne peuvent compter que sur leur propre volonté et leur propre force pour défendre leurs intérêts, leurs droits et leur dignité en tant que travailleurs, dans les usines, dans les chantiers mais aussi dans les quartiers.


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