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CICO : LES TRAVAILLEURS DURCISSENT LE TON, LA DIRECTION RECULE

CICO est une entreprise de travaux du BTP, c’est elle qui a en charge la construction du siège et de la résidence du groupe de téléphonie mobile GREENN à Cocody. Le lundi 14 avril dernier, les travailleurs de ce chantier ont remporté une petite mais précieuse victoire sur la direction. Ils ont obtenu le paiement des trois primes qu’ils réclamaient.

Voici le récit d’un des travailleurs :

C’est depuis le mois de février que nous avons commencé à nous organiser pour réclamer des meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire. La direction informée, engagea le bras de fer en mettant à la porte 7 travailleurs considérés comme des meneurs. Pour soutenir nos collègues, le chantier fut arrêté le lundi 25 février. Mais la direction réussit à nous diviser et bon nombre de travailleurs reprirent le travail le même jour. C’est seulement 21 personnes qui sont restées fidèles au mouvement. Malgré cette reprise forcée, le mécontentement grandissait, et le ralentissement des travaux allant avec, la direction finit par céder et revint sur sa décision en réintégrant les 28 ouvriers. Elle paya même les 5 jours qu’ils avaient passés à la maison. Ce fut déjà une première victoire.

Une fois les collègues réintégrés, nous avons aussitôt commencé à exiger que la direction donne suite aux autres points des revendications. Mais plutôt que de nous répondre, elle a voulu se jouer de nous, en proposant des contrats dits de « régularisation ». En effet, elle voulait nous faire signer des contrats à durée déterminée à terme imprécis, pour que, une fois signés, elle se débarrasse de nous. Et pour atteindre son but rapidement, elle a obligé les manœuvres à signer les contrats de force. Informés, nous avons interpelé la direction. C’est ainsi qu’une première rencontre entre elle et nos représentants a eu lieu le vendredi 04 avril. A cette rencontre elle accepta de retirer ce contrat ; de payer les indemnités de rupture de contrat avant de faire signer les contrats à ceux qui le veulent. Une autre rencontre a été prévue pour le vendredi 11, mais finalement c’est le samedi 12 qu’elle a eu lieu. Mais contre toute attente, la direction a proposé de ne payer que la prime de gratification. A l’annonce de cette nouvelle sur le chantier, le même jour à la descente, la colère a monté d’un cran à tel point que beaucoup ont accusé les représentants, de corrompus, d’achetés. On a décidé de tout arrêter le mercredi matin si la direction ne revenait pas sur sa décision dans les deux jours qui suivaient. Le lundi matin, avant de reprendre le travail, les travailleurs revenaient à la charge en exigeant une rencontre avec la direction, le même jour et, cette fois-ci, sur le chantier. Ce jour-là les patrons ont cédé.


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