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LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

CICO CHANTIER GREEN : LE BRAS DE FER ENTRE PATRON ET TRAVAILLEURS CONTINUE

CICO est une entreprise des travaux du bâtiment. C’est elle qui est en charge de la construction du siège de GREEN, une société de téléphonie. Voici le témoignage d’un travailleur suite à un arrêt de travail.

Il y a à peine un mois que nous avons commencé à nous organiser pour revendiquer une amélioration de nos conditions. Mais à peine a-t-on commencé que la direction a pris vent de cette nouvelle. Et pour étouffer la contestation, elle a procédé par le licenciement des responsables du mouvement. Ainsi, ce sont 7 des nôtres qui ont été remerciés le samedi 22 février sous le prétexte que le chantier est en finition. Mais en même temps, le même jour, nous avons constaté que la direction procède à un nouveau recrutement. A la descente, nous nous sommes réunis pour décider de bloquer tout, le lundi 24, pour exiger leur intégration. Le mouvement fut total au début. Tout l’effectif s’est trouvé hors du chantier en bloquant le portail principal, empêchant même les travailleurs des sous-traitants en électricité, en plomberie etc. d’entrer. Mais quand les petits chefs sont arrivés, ils ont commencé par intimider d’abord leurs proches et finalement un bon nombre de travailleurs ont rejoint le chantier. Nous étions une vingtaine de travailleurs à rester mobilisés pour nos collègues licenciés. C’est ce groupe de 27 personnes que le DG a reçu tout d’abord à 12h. Là, comme il se sentait plus fort, il a refusé de bien nous écouter. Il nous a même menacés avant de nous quitter brusquement. Une fois restés, nous nous sommes regroupés et décidé d’aller voir la Première Dame qui a son bureau à 20 mètres du chantier et qui apparemment est actionnaire dans l’entreprise de téléphonie mobile qui construit son siège. Nous avons sur place rédigé une lettre et joint à cette lettre la liste de nos revendications. Une fois dans les locaux de la Première Dame, nous avons été bien reçus et c’est quand le directeur a pris vent de cela qu’il est venu promptement sur ses pas, pour nous supplier de nous retirer des lieux et qu’il était prêt à nous écouter. Ensuite, il a passé plus de 2 heures à écouter les 27 travailleurs. Il nous a donné rendez-vous pour le lendemain dans son bureau. Là, nous avons passé toute la journée à négocier, au dehors, sous la pluie, sans trouver un terrain d’entente. Il nous proposait des solutions absurdes comme par exemple, nous transformer en tâcherons sur le même chantier. Pour finir, il a été décidé de calculer nos indemnités de rupture de contrat. Et on devrait se retrouver dans deux semaines. Mais à notre grande surprise, il est parti saisir l’inspection du travail pour une intervention.

Pour l’heure, le problème est devant la Sous-Direction de l’inspection de travail d’Adjamé. Mais nous les travailleurs, nous restons mobilisés et prêts à redescendre sur le chantier et surtout dans les locaux de la Première Dame où il ne veut pas qu’on aille.


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