UATCI

MISÈRE DES PARENTS ET TRAVAIL DES ENFANTS

MADAGASCAR

Le travail des enfants gagne du terrain dans le pays. Les textes nationaux relatifs à ce travail délimitent à 15 ans l’âge minimum des enfants pouvant effectuer des travaux légers, mais la réalité est tout autre dans certaines régions telle la carrière du fokontany de Belobaka (province de Mahajanga). Cette carrière est consacrée à la pierre et aux graviers destinés à la construction immobilière et aux routes. Là des enfants de 3 à 4 ans sont obligés de casser des pierres avec leurs parents afin de subvenir aux besoins de la famille. Les pères de familles cassent les très gros blocs afin de faire écrouler les collines, les mères s’assurent de faire réunir en un seul endroit les blocs éparpillés un peu partout et ce sont les enfants qui s’occupent généralement de la casse des pierres proprement dites. Il revient aux plus petits de produire des gravillons à coups de marteau. Ils travaillent mains et pieds nus et lors qu’ils se blessent ils n’ont pas d’autre moyen de se soigner que de laver la blessure à l’eau salée. Cette situation inacceptable existe à Madagascar à cause de l’extrême pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population.

Il existe approximativement 1000 personnes tous âges confondus qui travaillent dans cette carrière. Ainsi chaque famille essaie de faire de son mieux pour gagner le maximum d’argent qui ne dépasse généralement pas les 5000 Ariary par mètre cube (2 euros) alors qu’il leur faudrait une semaine pour le réaliser, soit 20 000 Ariary par mois (8 euros).

Ce cas n’est malheureusement pas isolé, il tend au contraire à se développer dans d’autres régions et d’autres secteurs comme les briqueteries. A Antananarivo la capitale, des enfants sont abandonnés à leur sort et deviennent des proies faciles pour toutes sortes de trafiquants.

Les gouvernements promulguent de belles lois mais ne font rien pour les faire appliquer et surtout pour améliorer la situation dramatique des classes pauvres, surtout celle des travailleurs qui eux n’ont pas obtenu d’augmentation de salaire depuis belle lurette sous prétexte de crise politique au sommet de l’Etat. Un nouveau pouvoir, cette fois élu, est en place. Mais les travailleurs n’ont aucune illusion à se faire quant à la volonté des nouveaux dirigeants de répondre à leurs attentes.


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