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MOUVEMENTS DE GRÈVE DANS LA FONCTION PUBLIQUE

CÔTE D’IVOIRE

Les enseignants et le personnel de la santé du secteur public sont en grève depuis le 4 février. Les premiers ont annoncé une grève de 10 jours et les seconds de 4 jours. Cette grève fait suite aux 3 jours de grève réussie des travailleurs de l’ensemble du secteur public quelques jours auparavant.

Cette grève est, elle aussi, massivement suivie. Les écoles sont fermées ; les hôpitaux et les centres de santé fonctionnent uniquement avec le service minimum obligatoire.

En réponse, le gouvernement s’est montré ferme en arrêtant 12 enseignants à Yamoussoukro, pour « trouble à l’ordre public ». Ils ont été écroués dans la prison civile de Toumodi et jugés. Le gouvernement a aussi annoncé qu’il engageait une procédure pour ponctionner sur les salaires des grévistes.

Un prétendu « comité de médiation » composé de chefs religieux et de chefs traditionnels a demandé aux grévistes de « suspendre leur mouvement de grève afin de favoriser, disent-ils, un cadre apaisé de discussions ». En somme, rien d’étonnant venant de ces parasites qui vivent sur le dos de l’Etat !

Le porte-parole du gouvernement, au sortir du dernier Conseil des ministres, a dit, pêle-mêle, que l’Etat ne peut pas assumer toutes les promesses qui avaient été faites par le précédent gouvernement ; que cela risque de « déséquilibrer fortement les comptes de l’Etat » ; que les salaires ne peuvent pas, selon lui, dépasser un certain « ratio », au nom de la « bonne gouvernance » ! Satisfaire les revendications des travailleurs équivaut, selon lui, à « manger notre blé en herbe ». « Chose que nous devons nous garder de faire, pour le salut de notre pays », ajoute-t-il, avec tout le mépris propre aux gens qui sont rassasiés ! Et en bonimenteur, il conclut que moins les fonctionnaires gagnent, plus la part d’investissement de l’Etat augmente et plus gros sera donc la part de « gâteau » que chacun recevra demain. Mais qu’il nous dise donc, pourquoi ne commence-t-il pas par baisser son salaire, ceux des ministres, des députés, de tous ces hauts dignitaires de l’Etat, eux qui touchent entre 50 à 70 fois le salaire d’un ouvrier !

N’importe quel ouvrier vous dira à quel point ce genre d’argument est pure imbécilité ! Tout le monde peut voir que les investissements dans les entreprises n’ont pas fait défaut ces trente dernières années. Mais les salaires, ont-ils augmenté pour autant ?

En fait, le gouvernement se comporte comme n’importe quel patron devant des travailleurs qui exigent de meilleurs revenus.

Ce qui est certain, c’est que ce mouvement de grève dans la fonction publique est une occasion pour les travailleurs du secteur privé de se joindre eux aussi au mouvement. Il s’agit des ouvriers d’usines, des employés de banque et des bureaux, des travailleurs du port, ceux de la Sotra, etc. Tous ces travailleurs qui partagent aujourd’hui une vie de misère et qui sont considérés comme des moins que rien. Ensemble, ils peuvent toucher justement là où ça fait le plus mal aux riches : à leur poche, en bloquant leurs usines, en bloquant leur économie ! C’est la seule façon de se faire entendre ! Il ne s’agit pas de demander une aumône. Il s’agit d’exiger des riches plus de justice !


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