UATCI

DEBY ET SON CLAN DICTENT LEUR LOI

TCHAD

Depuis la prise du pouvoir d’Idriss Deby en 1990, grâce à l’appui de l’armée française présente au Tchad, lui, sa famille et son clan dictent de plus en plus leur propre loi. Ils se croient tout permis et se comportent comme en pays conquis. En voici deux exemples :

Début février dernier, une dispute a éclaté entre un gradé de l’armée et un vendeur de crédit pour téléphone portable, près du marché central de Ndjamena. Le vendeur affirme avoir chargé le téléphone de son client pour une somme de 1000 francs CFA. Ce dernier dit n’avoir rien reçu. Pris pour un menteur, le client sort son couteau et blesse le vendeur. Celui-ci répond par un coup de couteau au cœur. Constatant la mort de son client, il court se constituer prisonnier dans le commissariat le plus proche. La victime est zaghawa, de l’ethnie du président Deby.

Ayant appris la nouvelle, des éléments de la garde présidentielle composée, semble-t-il, exclusivement de Zaghawa, font irruption dans le commissariat en question, armés jusqu’aux dents. Devant cette armada d’hommes puissamment armés, le commissaire, les gardes et autres policiers ont pris la fuite. Les assaillants font sauter la serrure, entrent et abattent le prisonnier.

Leur patron Deby débarque au commissariat. Solidarité oblige ! Au lieu de sanctionner ses propres « frères » qui ont enfreint la loi, il fait diversion. Par une ordonnance expresse, il suspend la police dans tout le pays.

Le second exemple s’est passé à Moundou, vers la fin du mois de mars, sur le pont du fleuve Logone, à voie unique. Un autre gradé de l’armée, lui aussi zaghawa, s’y engage sans attendre son tour, et se retrouve bloqué au milieu du pont par une voiture venant en sens inverse. Un agent lui demande de faire marche arrière. Il refuse. Il aurait même giflé l’agent. Les autres agents se seraient jetés sur lui pour le tabasser.

L’affaire a pris une tournure politique. Une manifestation de rue est organisée par un groupe de personnes de l’ethnie du président Deby. Des monuments publics ont été caillassés ou détruits, les manifestants réclament la démission du maire de Moundou. Ayant appris que leur maire est en danger, des centaines de personnes armées de couteau de jet, de coupe-coupe et d’autres armes traditionnelles, débarquent de tous les coins (Koutou, Ngara, Cotonfranc, etc.) et convergent vers la mairie. Pour éviter un affrontement sanglant entre les deux communautés, zaghawa et ngambaye (originaires de Moundou), un émissaire dépêché d’urgence de Ndjamena a pu ramener le calme, in extremis.

Bien entendu ni le gradé de l’armée ni les manifestants de son ethnie n’ont été sanctionnés. Solidarité oblige !


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