UATCI

DE NOMBREUX MORTS À METTRE SUR LE COMPTE DU CAPITALISME

IMMIGRATION

Le 8 avril, le corps d’un jeune homme mort a été trouvé dans le train d’atterrissage d’un avion en provenance du Cameroun, à l’aéroport de Roissy. Il avait succombé au froid.

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un tel drame se produit et ce ne sera sans doute pas la dernière car la misère ne fait que s’aggraver au fil des ans en Afrique. Cette misère ainsi que le désespoir qu’elle engendre font que de nombreuses personnes cherchent dans l’exode un moyen d’échapper à leur condition d’existence rendue insupportable au fil du temps.

Une grande partie des immigrés clandestins quittent leur pays à bord d’embarcations de fortune au péril de leur vie. Un certain nombre parmi eux, qui ont « la chance » de ne pas succomber à la soif, à la faim ou à l’épuisement dans les zones désertiques traversées, ne peuvent pas pour autant se considérer comme sortis d’affaire.

Après ce périple il y a généralement encore celui de la traversée maritime. Ceux qui parviennent à prendre le large en pirogue et ne périssent pas en mer, ne sont pas forcément au bout de leur peine. La majorité des rescapés n’échappe pas à la chasse à l’homme des brigades de garde-côtes des pays riches.

Après quelque temps passé en centre de rétention, ils sont pour la plupart reconduits manu militari vers leur pays d’origine et se retrouvent ainsi à nouveau à la case départ avec la fatigue, l’usure et l’affaiblissement en plus.

Les personnes qui tentent de s’en sortir de cette façon ne le font cependant pas de gaîté de cœur. Elles le font parce qu’elles ne voient aucune autre issue à leur existence misérable. La pauvreté et la misère dans lesquelles leur village ou leur région a sombré progressivement, ne sont elles-mêmes pas fortuites.

Si on cherche un peu à savoir, on s’aperçoit qu’il n’en a pas été toujours ainsi dans le passé ; que cette situation est en grande partie la conséquence du ravage impitoyable de l’Afrique par les grandes puissances impérialistes. Plusieurs décennies de domination coloniale, suivies de plus d’un demi-siècle de régimes dictatoriaux au service des privilégiés et dévoués aux grandes puissances, ont fini par démolir le peu qui fonctionnait des anciens systèmes économiques.

Le capitalisme a balayé tout cela. Le progrès et le bien-être n’ont profité qu’à une infime minorité de parasites et d’exploiteurs. Pour la grande majorité, c’est la misère, la dictature et l’exploitation à outrance qui continuent jusqu’aujourd’hui.

De nombreuses contrées se trouvent ainsi exsangues. Les conditions d’existence de millions d’êtres humains se trouvent aujourd’hui en danger à cause des famines récurrentes, généralement consécutives à la confiscation des bonnes terres et aux monocultures d’exportation qui y sont pratiquées au détriment de l’agriculture traditionnelle de subsistance.

Aux insurmontables difficultés de boire et de manger à sa faim, de se vêtir un minimum, il faut ajouter celle de ne pas mourir de maladie même bénigne tant le système de santé est dégradé. C’est sur ce terreau fertile que des périls tels que la xénophobie, la délinquance, les phénomènes de bandes armées, se développent et cette liste catastrophique n’est malheureusement pas exhaustive.

L’Afrique est aujourd’hui victime d’une maladie qui a un nom : le capitalisme. Ce système étant lui-même malade et en crise, ne fait qu’entraîner dans son agonie les pays qu’il a appauvris durant de longues années de domination.

Ce n’est qu’en mettant fin à ce système sans avenir viable, que les peuples du monde entier pourront vivre décemment et travailler librement là où ils le souhaitent.


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