UATCI

COUP DE COLÈRE À KHARTOUM

SOUDAN

Lors de la dernière semaine de septembre, le Soudan a connu une vague de manifestations suite à une augmentation des prix du pétrole et des carburants décidée par le gouvernement. Ce sont des milliers de personnes qui sont descendues dans les rues de la capitale. Le gouvernement d’Omar el-Béchir, président du pays, a répondu par une répression féroce. Il y a eu, selon les sources officielles plus de 50 morts, certainement plus en réalité, et des centaines d’arrestations.

Depuis l’indépendance du Sud Soudan (en juillet 2011, issue d’une scission avec le Soudan), le Soudan a perdu environ 75% de ses revenus pétroliers car la majorité des puits de pétrole se trouve de l’autre côté de la nouvelle frontière. Du coup l’économie de ce pays s’est trouvée fortement fragilisée avant de sombrer dans une crise grave. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a supprimé les subventions sur les carburants. Cela s’est traduit immédiatement par l’augmentation du prix de ces derniers. L’augmentation des prix de transport a suivi aussitôt, ce qui a entrainé celle des prix des autres denrées. La colère de la population s’est exprimée immédiatement. Cette situation touche toutes les couches de la population, les classes moyennes qui circulent en voiture, et surtout les petites gens qui utilisent les divers moyens de transport en commun.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1989 le régime d’Omar el-Béchir n’a pas eu à affronter une crise politique où les populations se mettent en colère et manifestent leur révolte. Cette fois-ci les manifestants crient leur opposition et réclament son départ. Le Président n’a pas voulu revenir sur sa décision de renchérir le prix des carburants et a déployé les forces de l’ordre qui ont réprimé avec férocité. Cela a permis de rétablir un calme relatif, mais pour combien de temps ?

Dans cette crise, les travailleurs qui sont pourtant les plus concernés par cette mesure, n’ont pas participé aux mouvements de protestation d’une manière indépendante et massive. Mais il faut espérer que dans l’avenir ils trouveront la force de créer leur propre organisation pour mettre fin à ce régime de dictature.


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