UATCI

LE PERSONNEL DE SANTÉ CONFRONTÉ À L’INTRANSIGEANCE DES DIRIGEANTS

MADAGASCAR

Depuis le 8 février près de 7500 salariés de la santé sont en grève dans le pays. Il s’agit des infirmiers, des sages-femmes, mais aussi des techniciens de laboratoires et des paramédicaux, tous réquisitionnés par l’État depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ces travailleurs ont dû œuvrer d’arrache pied et donner le maximum d’eux-mêmes pour sauver des vies humaines ou freiner la montée fulgurante de cette grave maladie infectieuse.

On ne peut pas en dire autant de ceux qui sont à la tête du pays. Pendant longtemps ils ont fait croire, contre toute évidence, qu’il suffisait d’absorber le breuvage que l’industrie pharmaceutique locale a concocté à base de plantes médicinales, pour venir à bout de cette maladie. Les grands bénéficiaires de ce mensonge étaient les propriétaires de l’industrie pharmaceutique du pays car ils se sont servis de cette contre-vérité pour faire des affaires. Les patrons de toutes les usines du pays en ont profité eux-aussi en usant de ce prétexte pour ne tolérer aucun absentéisme dans les usines.

D’autre part, les hôpitaux et les structures de santé sont victimes des pénuries de toutes sortes, consécutives aux restrictions budgétaires imposées par le gouvernement actuel, dans la continuité des précédents. Ils ne sont presque plus en mesure de recruter les étudiants sortant des écoles. On peut dire que les pouvoirs publics se moquent non seulement de la santé de la population pauvre, mais aussi des conditions de vie et de travail du personnel médical et paramédical.

À l’heure où nous écrivons, les travailleurs de ces secteurs continuent courageusement leur grève. Ce mouvement bénéficie de l’approbation de la population pauvre. Jusque-là le gouvernement ne lâche rien sur le fond, il cherche seulement à gagner du temps en espérant que les grévistes s’épuisent et se démobilisent. La présidence et le ministère de la santé se renvoient la balle en laissant les chefs de cabinets et autres sous-fifres répondre que la satisfaction des besoins de ces personnes relève d’une autorité plutôt que de l’autre. Les promesses d’accorder des primes de réquisition ainsi que des primes d’éloignement ne sont pas contredites mais dans les faits, à part quelques chefs de services, peu de personnes les ont effectivement perçues.

Précisons que certains salariés affectés en brousse dans les CSB (centres de santé de base) sont depuis plusieurs années en situation d’éloignement. Ils ne réussissent à s’en sortir que grâce à l’aide de la population et des municipalités.

Actuellement, nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à accepter de reprendre le travail sur la base des promesses des autorités centrales et ils ont bien raison car celles-ci n’ont jamais cessé de mentir aux travailleurs. La lutte continue !


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