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ZUÉNOULA : TROIS FEMMES SOUPÇONNÉES DE SORCELLERIE TUÉES PAR DES ÉLÈVES

LEUR SOCIÉTÉ

Un élève en classe de 4ème dans un collège de la localité est décédé. Lors de ses funérailles le 25 juin dernier, ses camarades venus des villages alentours ont organisé une opération de représailles. Ils ont séquestré tous les membres de la famille du défunt pour les contraindre à « dénoncer » le responsable de la mort. C’est ainsi qu’ils sont parvenus à obtenir des prétendus aveux d’une femme parmi ces otages et lui faire citer deux autres femmes qui seraient ses complices. Ligotées pendant des heures, les trois femmes ont été assassinées et enterrées par leurs bourreaux. Voilà où peut parfois mener l’ignorance et l’obscurantisme.

Beaucoup de gens n’ont pas accès aux hôpitaux pour se faire soigner. Et même quand c’est le cas, les hôpitaux publics sont dépourvus de tout et ne le sont que de nom. Dans ces conditions, diagnostiquer avec précision un mal, relève du miracle. En cas de décès, on ne peut même pas faire une autopsie pour en connaître la cause. Comment s’étonner alors que certains continuent de croire que si quelqu’un est mort c’est parce qu’on lui a jeté un sort ? Comment s’étonner que certains en soient réduits aux méthodes de nos ancêtres qui faisaient recours aux devins et autres féticheurs pour désigner un « coupable » ? C’est ce que les jeunes élèves de Zuénoula ont fait en tuant trois femmes.

Si cette barbarie des temps anciens existe toujours de nos jours c’est parce que le pouvoir et plus généralement le capitalisme est incapable d’apporter le progrès tant dans le domaine social que culturelle à l’ensemble de la société. Ils s’appuient alors sur les croyances et les coutumes les plus rétrogrades pour perpétrer ce système d’exploitation et de domination.

L’ignorance et le fatalisme sont des alliés du capitalisme. Ils prospèrent sur le terreau de la misère et empêchent les exploités de prendre conscience de l’origine réelle de la misère et des injustices sociales. Ils sont entretenus par l’élite même du pays car celle-ci trouve son intérêt dans la perpétuation du système actuel.

Vivement qu’on en finisse avec cette société qui n’est plus en mesure de nous apporter du progrès et nous fait stagner dans l’arriération.


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