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FANFARONNADE ET DÉMAGOGIE FACE À LA MENACE DE L’ÉPIDÉMIE

MALI

Jusqu’à la date du 23 mars, les autorités maliennes n’ont détecté aucun cas de la maladie de coronavirus sur le sol malien. « Le Mali résiste », a déclaré le ministre de la Santé. De son côté, le Premier ministre annonce : « Nous sommes en train de nous préparer au pire […] Aujourd’hui, à nos défis désormais classiques s’ajoute celui de réussir la guerre contre le coronavirus ». Quand au président IBK, dans un discours solennel, il a exhorté les maliens à « redoubler de vigilance » après avoir rassuré que l’État malien fait tout pour protéger la population.

Mais la réalité est toute autre. Au palais de Koulouba, là ou réside le président, lui et sa famille peuvent peut-être se sentir en sécurité, mais la grande majorité de la population doit s’attendre au pire. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que même les moyens sanitaires les plus élémentaires font défaut.

Selon un « document interne » qui a fuité dans les médias, le Mali ne disposerait que de 600 litres de gel hydro alcoolique alors que le besoin est estimé à 500 000 litres. Il n’y aurait que 59 thermo flash pour prendre la température, alors qu’il en faudrait 20 000. Quant aux kits permettant de tester si un malade est contaminé ou pas, il n’y en aurait que 2 000. Et puis, comment savoir si quelqu’un est contaminé dans un aussi vaste territoire quand on sait que depuis de nombreuses années l’administration de l’État est totalement absente dans des régions entières du fait de la guerre qui y sévit ?

Alors, à défaut de pouvoir vraiment faire face à la catastrophe qui s’annonce, le pouvoir commence déjà à préparer les esprits pour désigner des boucs émissaires en montrant du doigt « les étrangers » comme des responsables de la propagation du virus dans le pays. C’est ainsi que le ministre de la Santé a déploré que les frontières du pays soient une « passoire » en désignant surtout la frontière avec le Burkina Faso. « Aujourd’hui, dit-il, on a plus de 1 500 personnes qui passent entre le Burkina Faso et le Mali. On a vu des étrangers, dont des Chinois, des Européens qui venaient du Burkina Faso… ».

Si l’épidémie se propage demain au Mali, ce ne sera certainement pas la faute des « étrangers » mais de l’impuissance de l’État malien à y faire face.


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