UATCI

VIE DE GALÈRE, PRÉCARITÉ ET BAS SALAIRE, C’EST LE SEUL AVENIR QUE NOUS RÉSERVE CE SYSTÈME CAPITALISTE

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

La situation des travailleurs ne cesse de se dégrader au fil des ans. À la zone industrielle de Yopougon par exemple, comme partout ailleurs, le système de journalier qui devrait être l’exception est devenu la règle, enfonçant les travailleurs de plus en plus dans la précarité. À ce sujet, voici le témoignage d’un travailleur de cette zone :

« Je travaille aujourd’hui à Rodis, une entreprise de cosmétique située à la zone industrielle de Yopougon. Mais avant ça, j’étais journalier à Aipac, une entreprise de papier. Là-bas je me donnais à fond dans le travail espérant qu’un jour j’allais être remarqué par le patron et me faire embaucher. Ca a fait des années, je suis resté journalier là-bas. Ce qui n’était pas bien c’est qu’à chaque fois qu’il y a un petit souci, ce sont les journaliers qui doivent payer les pots cassés. J’ai donc décidé d’aller chercher mieux ailleurs.

J’ai fait le tour de plusieurs entreprises. J’ai découvert que même pour obtenir le moindre petit poste de journalier mal payé, il fallait à tout prix mouiller la barbe à un petit chef, ou bien avoir un parent corps habillé un peu gradé. Les patrons rendent ce genre de petits services à ces derniers. Et en retour, ceux-ci acceptent de mater des travailleurs grévistes ou encore dédouaner des marchandises bloquées, etc.

L’idée m’a aussi effleuré de m’auto-employer ; c’est la mode en ce moment. Mais je n’avais pas de fonds de commerce nécessaire. Les quelques-uns que je connais et qui ont fait l’expérience, c’était pour ouvrir un petit garbadrome, un petit kiosque, une cabine, vendeur ambulant. Certains sont devenus chauffeurs de taxi ou ont réussi à avoir un petit container au bord de la route mais avec la menace permanente de se faire déguerpir. Leur situation est rarement meilleure que celle des travailleurs d’entreprise.

Finalement, je suis contraint d’accepter un contrat journalier de 3 mois non renouvelable à Rodis en attendant de trouver un peu mieux ailleurs ».

Nombreux sont les travailleurs qui vivent ce genre de situation. De galère en galère, nos conditions d’existence ne cessent de se dégrader jusqu’à ce que nous soyons de plus en plus nombreux à prendre conscience de la nécessité de s’organiser pour renverser ce système capitalisme qui est responsable de notre misère.


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