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LES TRAVAILLEURS VICTIMES DE L’ORDRE IMPÉRIALISTE

VÉNÉZUÉLA

Nous reproduisons ci-dessous un article paru dans le bimensuel N°1215 de nos camarades de « Combat ouvrier ».

LES TRAVAILLEURS VICTIMES DE L’ORDRE IMPÉRIALISTE

Le 23 février la provocation orchestrée par Juan Guaido et ses partisans, leurs soutiens brésiliens, colombiens, et surtout des USA, a tourné court. Les prétendus convois humanitaires et les manifestants vénézuéliens qui les accompagnaient ont été bloqués aux frontières vénézuéliennes avec la Colombie et le Brésil.

Maduro a pu faire une démonstration qu’il était toujours soutenu par une grande partie de la population. L’opération « humanitaire », pilotée par l’Usaid (l’agence publique américaine de développement international), était une opération politicienne, une manœuvre visant à déstabiliser le gouvernement vénézuélien. « L’aide humanitaire ne devrait jamais être utilisée comme un pion politique », avait déclaré le secrétaire général des Nations unies.

La Croix-Rouge Internationale, quant à elle, rappelait qu’elle n’avait rien à voir avec cette « aide non-humanitaire », selon les termes de son porte-parole Christoph Harnisch. À la suite du blocage de la prétendue opération humanitaire, l’administration américaine s’est empressée de rappeler sa volonté de « passer aux actes » contre le régime Maduro. En fait d’actes, Donald Trump semble devoir continuer à utiliser le théâtre latino-américain comme une scène destinée à soigner sa popularité auprès de la partie la plus réactionnaire de l’opinion publique américaine, avec les prochaines présidentielles de 2020 en ligne de mire. Il va aussi faire durer la pression pour que les sociétés pétrolières et les banques américaines contrôlent complètement le pétrole du Venezuela, dont les ressources sont les plus importantes au monde, plus importantes même que celles de l’Arabie Saoudite. Des actes criminels, l’administration américaine n’en a d’ailleurs pas été avare, dans le passé, vis-à-vis du Venezuela. Pour ne parler que de ces dernières années, ce sont les sanctions économiques imposées par les États-Unis en 2015 qui ont coupé le Venezuela de la plupart des marchés internationaux. Donald Trump a considérablement intensifié ces sanctions. Ce sont elles qui aggravent les pénuries déjà criantes de nourriture et de médicaments, conséquences de la crise économique mondiale et particulièrement de la baisse du cours du pétrole. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les Vénézuéliens ont maigri en moyenne de 12 kg en 2017.

Le régime de Chavez, arrivé au pouvoir au Venezuela en 1998, avait choisi de redistribuer une partie de la manne pétrolière à la population pauvre. Le successeur de Chavez, Maduro, est aujourd’hui, à cause de cela, en butte à l’hostilité viscérale des nantis vénézuéliens et de l’administration américaine. Mais le régime chaviste, malgré tout son langage « révolutionnaire » n’a jamais mis en cause la domination de la bourgeoisie : 98,5 % des entreprises vénézuéliennes sont privées, 0,5% sont mixtes et seules 1% sont complètement publiques. Le régime est donc défenseur d’un statu quo où les travailleurs et l’ensemble des masses populaires sont les principales victimes de la crise et de la corruption généralisée qui l’accompagne. La crise qui frappe le Venezuela aujourd’hui est avant tout la crise de l’ordre capitaliste. Dans le passé, les travailleurs et les masses pauvres ont pu empêcher l’arrivée aux commandes d’hommes politiques plus dépendants des milieux du grand patronat, comme, déjà, lors de deux tentatives de coup d’État en 2002. Aujourd’hui ils gardent le pouvoir à la fois d’éviter l’installation d’un régime Guaido à la solde des États-Unis, et de se défendre contre les dégradations catastrophiques de leur conditions de vie que Maduro ne peut, ni ne veut vraiment, empêcher.


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