UATCI

25 ANS APRÈS LA CRÉATION DE L’UEMOA, QUEL AVENIR POUR LE FRANC CFA ?

AFRIQUE DE L’OUEST

Le 10 janvier dernier, les représentants des huit États membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) ont célébré à Ouagadougou, siège de cette institution, le 25ème anniversaire de sa création.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara qui est aussi le président en exercice de la Conférence des Chefs d’État de Gouvernement de l’UEMOA a vanté les prétendues « avancées majeures » réalisées par celle-ci en matière de « solidarité … de création d’un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux … », etc.

Il n’a convaincu que ses pairs car cette institution sert avant tout à maintenir les anciennes colonies françaises de l’Afrique de l’Ouest sous le giron du même impérialisme français à travers le Franc CFA. Elle permet en même temps aux dirigeants des pays membres d’offrir des sinécures à certains de leurs proches.

Si ce 25ème anniversaire a eu un mérite c’est celui d’avoir remis à l’ordre du jour le vieux débat sur le maintien ou non du Franc CFA. De plus en plus d’intellectuels et d’économistes africains se prononcent pour l’abandon pur et simple de cette monnaie qui rappelle trop la période coloniale. Certains disent que chaque État africain devrait être maître de sa propre monnaie pour être maitre de sa souveraineté nationale. D’autres pensent qu’on pourrait garder une monnaie commune entre les pays africains mais que celle-ci ne devrait plus être liée à la Banque de France et arrimée à l’Euro afin de permettre aux États africains de produire de la monnaie à leur guise, en fonction de leurs besoins économiques et politiques.

Le débat oppose donc les partisans de l’abandon ou du maintien du Franc CFA. Ils se chamaillent là-dessus mais sur le fond ils sont tous d’accord pour le maintien du système capitaliste qui est responsable de tant d’injustices et de misère en Afrique et de par le monde.

Si le simple fait d’avoir une monnaie « souveraine » propre à chaque État africain signifiait un progrès social ou une amélioration de la vie quotidienne de la majorité des populations africaines, on aurait pu le constater dans les pays africains qui ont leur propre monnaie (et ils sont plus nombreux que les membres du CFA). Or ce n’est pas le cas.

Quand on est travailleur ou petit paysan, on ne vit pas mieux en Guinée Conakry, en Mauritanie ou au Ghana (pour ne prendre que l’exemple des pays frontaliers de ceux de l’UEMOA) qu’au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso. Partout c’est la même misère et la même exploitation.

Le problème de fond n’est pas dans le choix de la monnaie avec laquelle seront payés les maigres salaires des travailleurs et les produits cultivés par les petits paysans, mais dans le fait qu’ils sont mal payés et exploités par ceux qui veulent tirer un maximum de profits sur leur dos. C’est à cette exploitation qu’il faut mettre fin et cela ne sera possible que si les travailleurs prennent conscience que l’avenir de la société dépend de la lutte qu’ils seront capables de livrer à la classe des capitalistes et à leurs valets en Afrique et ailleurs.


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