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UNE PETITE VICTOIRE POUR LES ENSEIGNANTS EN GRÈVE

MALI

Les syndicats d’enseignants viennent de remporter leur première bataille le 8 janvier dernier lors des négociations avec le gouvernement, en obtenant le statut autonome de l’enseignant qu’ils ont tant réclamé.

Il y a eu d’abord un premier fait de grève de 2 jours organisée par un regroupement de onze syndicats de l’enseignement pour réclamer entre autres l’« amélioration de leurs conditions de vie et de travail » et le « versement des arriérés de leurs salaires ». Comme le gouvernement a fait la sourde oreille, une seconde grève de 9 jours a suivi. Mais au troisième appel à la grève qui devait durer 5 jours, le gouvernement a cédé.

Ce statut autonome de l’enseignant fait partie de l’accord signé le 15 octobre 2016 par un collectif des syndicats d’enseignants et le gouvernement. Il est composé de dix revendications principales dont l’adoption d’un statut autonome de l’enseignant, l’alignement de salaires des enseignants maliens sur ceux des pays de la sous-région, la construction d’écoles publiques, l’augmentation de l’indemnité de responsabilité pour les enseignants.

La grève a été suivie dans le tout le territoire, un peu moins dans la région du nord où des écoles sont déjà fermées comme à Kidal, à cause de l’insécurité semée par des djihadistes extrémistes. Selon les syndicats, à Ségou par exemple, ville située à 240 kilomètres au nord de Bamako, la grève a été un succès. À Sikasso, localité située au sud de la capitale, les écoles publiques étaient quasiment toutes fermées. À Bamako même, les salles de cours étaient vides.

Les élèves des écoles publiques qui subissent l’arrêt des cours dû aux grèves de leurs enseignants, sont bien sûr inquiets pour leur avenir ; leurs parents, pauvres, n’ont pas les moyens de les inscrire dans les écoles privées qui coûtent les yeux de la tête ; ils sont désolés de la non-résolution de la crise mais certains pensent que c’est faute de l’État qui ne prend pas très au sérieux les revendications des grévistes.

À l’adoption du statut autonome de l’enseignant, les syndicalistes ont appelé à la suspension de la grève mais maintiennent la pression. Ils en ont assez des promesses sans lendemain du pouvoir. Cette fois-ci ils veulent du concret. Aussi ont-ils déposé un nouveau préavis de grève de 15 jours à compter du 13 février. Le bras de fer continue donc entre les deux parties.


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