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APRÈS TROIS MOIS DE GRÈVE, LES MAGISTRATS RESTENT MOBILISÉS

MALI

Les magistrats maliens sont en « grève illimitée » depuis environ trois mois. Ils réclament des augmentations de salaires et une protection de leur personne dans l’exercice de leur fonction. Mais les seules réponses qu’ils ont eues ce sont des menaces, des intimidations et des discours démagogiques des autorités en direction de la population pour la dresser contre les grévistes. Certains porte-voix du pouvoir ont répandu dans les médias que les magistrats étaient « des enfants gâtés de la république » et qu’un magistrat débutant toucherait un salaire de 700 000 F cfa par mois, ce qui est faux.

Comme tout cela n’a pas réussi à mettre fin à la grève, le gouvernement, par la bouche du Premier ministre a proféré des menaces plus explicites du genre : « On va réquisitionner les magistrats, la loi nous l’autorise » et puis il leur a coupé le salaire de septembre. Mais, loin d’avoir fait trembler les grévistes, cette dernière décision n’a fait que les motiver davantage ; l’administration judiciaire est restée paralysée. C’est alors que le Premier ministre a compris que sa décision de couper le salaire de septembre était une erreur. Il a fini par faire marche arrière en versant ce salaire. Le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a aussi modifié son langage ; il parle maintenant de la nécessité de « dialogue » et demande aux magistrats de lui « accorder un minimum de confiance » car dit-il, « entre décembre et janvier à venir, il y aura une revue générale de la situation salariale de tous les agents qui tiendra compte de la particularité du cas des magistrats ».

Des promesses de ce genre, ceux-ci en ont déjà eu et c’est parce qu’elles n’ont pas été tenues qu’ils sont entrés en grève. En tout cas, le discours d’IBK qui se voulait consensuel a fait flop puisque la grève continue. Les magistrats veulent des garanties et du concret. Ils ont raison de se battre pour l’amélioration de leurs salaires et de leurs conditions de travail. Certes, ils ne cherchent pas spécialement l’appui de la population et des autres catégories des employés de la Fonction publique tels que le personnel, hospitaliers, les enseignants, les employés des ministères, pour ne parler que ceux-là dont l’État est l’employeur. Pourtant, tous ceux-là sont victimes de la même politique salariale et ensemble dans la lutte, ils auraient plus de poids face à


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