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RECRUDESCENCE DES HARCÈLEMENTS SEXUELS

SÉNÉGAL

Des militantes féministes sénégalaises ainsi que Human Rights Watch, une organisation de défense des droits humains liée à l’ONU, dénoncent la recrudescence des harcèlements sexuels dans les établissements scolaires du secondaire de ce pays. Chaque année des milliers de jeunes filles mineures, pour la plupart issues de familles pauvres, sont contraintes d’interrompre leur scolarité à la suite d’une grossesse précoce consécutive à des abus sexuels pratiqués sur elles par des enseignants.

Et il n’y a pas que dans les écoles que les filles sont harcelées et abusées. Les patrons et les cadres de nombreuses entreprises profitent de leur position, exercent un chantage à l’emploi contre des filles ou des femmes pour qu’elles acceptent de devenir leur maîtresse. Leur carrière se trouve hypothéquée si elles refusent. Souvent elles cèdent car dans ce pays, comme dans de nombreux pays pauvres d’Afrique, un salaire permet parfois à beaucoup de personnes de survivre.

Pour l’année 2016 le ministère sénégalais de la santé avait publié le chiffre de 3200 cas de viols déclarés. Aujourd’hui ce nombre est largement dépassé. Les auteurs de ces actes sauvages sont rarement inquiétés puisque ni les victimes ni leurs les parents n’ont les moyens d’engager des poursuites contre eux. L’État n’ignore pas cette réalité puisqu’il publie des chiffres.

Les harceleurs sexuels ont de beaux jours devant eux car lorsqu’il s’agit ne serait-ce que d’appliquer les lois existantes, de prendre des mesures en faveur des victimes innocentes, la police et la justice se révèlent impuissantes. Comme tout l’appareil d’État, ces services ne sont efficaces que lorsqu’il s’agit d’appliquer des mesures favorables aux riches et aux puissants.


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