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LE DICTATEUR FAIT MAIN BASSE SUR LES CAISSES DE L’ÉTAT

MAURITANIE

Le dictateur mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz voulait coûte que coûte avoir « son » sommet de l’Union Africaine dans « sa » capitale. Seulement, cette ville ne possédait ni un palais des congrès ni une infrastructure hôtelière de luxe capables d’accueillir les chefs d’États africains et les délégations des 55 États membres.

En faisant réaliser ces travaux somptueux à Nouakchott, le dictateur a fait d’une pierre deux coups : il a satisfait ses caprices en ayant son sommet de l’UA du 25 juin au 2 juillet dernier et en même temps il s’est enrichi personnellement au passage en confiant les travaux à son ami et prête-nom Zeine El-Abidine Ould Mohamed Mahmoud. Cet ancien petit patron est devenu un puissant homme d’affaires grâce à ses liens avec le dictateur mauritanien. Il est présent dans de nombreux secteurs, allant de la banque à la bureautique en passant par les mines, le pétrole et les grands travaux. Il est le plus important fournisseur de l’État en matériel de tous genres, allant des cartouches d’encre pour imprimantes aux appareils informatiques. Selon certains journalistes mauritaniens, ce monsieur travaille en fait pour le président et l’aide à blanchir l’argent détourné des caisses de l’État.

La construction du nouveau palais des congrès comprenant une gigantesque salle de conférence de 4 500 places et près de 300 bureaux et espaces privés aurait coûté 14 milliards d’ouguiyas (environ 34 millions d’euros), sans compter les frais occasionnés pour l’hébergement des invités dans des hôtels et des villas de luxe.

Ouvriers de la SNIM lors de la grève générale à Zouerate en 2015. Ils réclamaient des augmentations de salaire et la réintégration des licenciés. Le bras de fer a duré deux mois.

Rappelons que selon le classement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) de 2016, la Mauritanie est au 157ème rang sur 185 pays. Les infrastructures d’utilité publique les plus élémentaires y font défaut. Les millions d’euros engloutis dans des réalisations absolument inutiles auraient pu être utilisés par exemple pour construire des logements sociaux, des écoles, pour améliorer l’évacuation des eaux usées ou le traitement des ordures ménagères.

La majorité de la population vit dans la pauvreté et pourtant le pays possède une des côtes parmi les plus poissonneuses du monde, un sous-sol riche en pétrole, gaz, fer et or. Mais ces richesses ne profitent qu’à une minorité de parasites locaux (à commencer par le dictateur cleptomane Ould Abdel Aziz) de mèche avec les multinationales dans le pillage à grande échelle des richesses naturelles du pays et dans l’exploitation des travailleurs.


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