UATCI

LE SCANDALE DES FEMMES VENDUES EN ESCLAVAGE

MAURITANIE

Au mois de mars dernier en Arabie Saoudite, une jeune femme mauritanienne s’est révoltée contre ses employeurs. Elle était maltraitée, battue ; on la faisait travailler 20 heures par jour et elle n’avait pas le droit de sortir. À la suite de sa révolte, elle a été jetée à la rue comme une malpropre. Heureusement, elle a été recueillie par une femme au courant de ce genre d’exploitation.

Elle a pu par la suite contacter ses parents en Mauritanie et leur raconter les sévices subis. C’est comme cela que son histoire a été entendue par d’autres personnes.

Cette situation n’est cependant pas nouvelle en Arabie Saoudite. Les autorités de ce pays ont des relations privilégiées avec certains pays dont la Mauritanie. C’est ainsi que des centaines de jeunes femmes sont vendues comme esclaves à des Saoudiens avec la complicité des autorités mauritaniennes. Aux familles, on promet que leurs filles seront bien accueillies, qu’elles pourront être éduquées tout en travaillant à des tâches ménagères. Devant ce rêve d’un avenir meilleur pour leurs filles, de nombreuses familles pauvres se font piéger car elles n’ont aucune idée de la réalité que vivront ces jeunes en quittant la Mauritanie. C’est une situation révoltante. Ces jeunes femmes sont férocement exploitées, opprimées et parfois violées par les maîtres de maison.

Ce n’est pas un hasard si ces jeunes sont majoritairement des Harratines, issues des descendants d’esclaves. Ils sont toujours considérés comme tels par une majeure partie de la classe dirigeante de ce pays bien que l’esclavage soit officiellement aboli depuis 1981. En 2007 sous la pression internationale, la Mauritanie a été contrainte d’inscrire cette pratique très répandue comme un « crime contre l’humanité ». Quelques personnes ayant des esclaves ont été réprimandées avec de très brefs séjours en prison. Mais aucun maître n’a encore été condamné sérieusement. Ceux qui sont condamnés et emprisonnés, ce sont surtout les militants anti-esclavagistes qui osent protester ouvertement contre cette pratique en mettant au grand jour ce que les autorités veulent cacher.

Les dirigeants des pays occidentaux qui n’ont à la bouche que leurs discours hypocrites sur les « droits de l’homme » ou sur la « démocratie » connaissent parfaitement la réalité de ce qui se passe dans ces pays où l’on bafoue quotidiennement la dignité humaine, mais les liens d’amitié qu’ils entretiennent avec ces dictatures sont déterminés avant tout par les milliards que cela rapporte à leurs capitalistes.


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