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VICTOIRE DES TRAVAILLEURS DU SECTEUR PUBLIC !

TCHAD

Les travailleurs du secteur public, en grève depuis sept semaines pour protester contre les coupes claires sur les salaires de janvier sous prétexte de la crise, ont fait plier le gouvernement. Par un accord conclu le 14 mars dernier entre les centrales syndicales et le gouvernement, ce dernier s’est notamment engagé à verser le salaire du mois de février, à rembourser les salaires coupés en janvier et à payer les jours de grève. En contrepartie, les centrales syndicales ont appelé à la reprise du travail.

Pour le porte-parole de la plateforme syndicale revendicative (qui regroupe plusieurs syndicats), cet accord est un motif suffisant pour reprendre le travail car, argumente-t-il : « Le gouvernement, qui a pris l’engagement de refuser de payer le salaire, est revenu sur sa décision ».

Cependant certains grévistes ne sont pas d’accord et décident de poursuivre la grève tant qu’ils ne sont pas certains que ce que le gouvernement a cédé en paroles soit réellement traduit en actes vérifiables.

Rappelons ce qui a obligé les travailleurs à entamer une si longue grève. Le dictateur Idriss Deby, poussé principalement par le FMI et la Banque mondiale, à réduire chaque année la masse salariale de 30 milliards de francs CFA (condition sine qua non pour bénéficier de nouvelles aides), a fait annoncer, début janvier, la réduction drastique des salaires de tous les fonctionnaires et des agents de l’État.

Cette annonce a provoqué une levée de boucliers des syndicats, des partis politiques de l’opposition et de certaines associations. Plusieurs manifestations de protestations ont eu lieu sur tout le territoire, en particulier à Ndjamena et à Moundou, la capitale économique et deuxième ville du pays. Les manifestants réclamaient l’abandon pur et simple de cette nouvelle mesure d’austérité.

Devant cette fronde des syndicats, devant les grèves à répétition et les manifestations de rue, le gouvernement a fait marche arrière en annonçant le 10 janvier le retrait de la mesure de réduction des salaires.

Mais il n’a pas tenu sa parole. Contrairement à sa promesse de ne pas toucher aux salaires, les fonctionnaires et les agents de la fonction publique ont eu la désagréable surprise de constater que leurs salaires avaient été amputés car les primes et les indemnités n’ont pas été versées.

Alors cette fois, les travailleurs ont refusé de se laisser duper une deuxième fois. Certes les syndicats ont appelé à la reprise mais deux jours après cet appel, force est de constater que la grève a continué. La plupart des travailleurs ont dit : « Tant que les salaires ne sont pas payés, pas question de reprendre le travail ».

C’est lorsque, sur les fiches de paie, le salaire de février a été payé, les coupes claires sur les salaires rétablies et les jours de grève pris en compte que le travail a repris effectivement. Seule la lutte paie !


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