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AGENTS DE SÉCURITÉ EN GRÈVE

MALI

La société de gardiennage G4S-Mali emploie au Mali environ 1500 personnes. Elle est une filiale du groupe britannique G4S qui, avec ses 657 000 employés à travers le monde, fait partie des plus grandes sociétés mondiales en termes d’employés. Elle est présente dans de nombreux pays africains, dont le Mali depuis 2008. Son business est d’autant plus florissant au Mali que le climat d’insécurité qui y règne est de plus en plus problématique tant pour le personnel diplomatique que pour les entreprises privées ou les riches de manière générale. Ces derniers ne font pas trop confiance en la capacité de la police ou de l’armée malienne pour assurer leur sécurité. Alors, ils ont recours à la principale société privée de gardiennage qui a pignon sur rue.

C’est ainsi que G4S-Mali est devenue la gardienne en titre des ambassades des USA, d’Allemagne, de Suède, du Canada et de bien d’autres encore, de même que du siège locale du Pnud, de l’Unicef, de la Croix-Rouge, d’Orange Mali. Elle s’occupe également du gardiennage des sites miniers, des résidences privées, entres autres. Elle est donc devenue, toutes activités confondues, une des plus grandes sociétés privées présentes au Mali. Ses profits sont d’autant plus juteux que les salaires versés aux employés sont dérisoires. Certains lui ont collé l’épithète de « sangsue ». Elle la mérite bien. Un responsable syndical explique qu’un agent de la G4S en Guinée gagne un salaire d’au moins 160 000 francs CFA pour huit heures de travail par jour, celui du Cameroun plus de 200 000 de francs CFA tandis qu’au Mali il ne perçoit que 60 000 francs CFA par mois pour 12 heures du travail par jour. De plus, il y a trop souvent des retards dans le payement.

Depuis 2015, les agents de sécurités demandent des augmentations de salaires, des primes de risques, le payement des jours fériés et de repos, etc., mais la direction se contente de promettre et puis rien ne se concrétise.

Excédés par l’attitude méprisante de la direction, les agents se sont mis en grève trois fois (du 31 décembre 2017 au 2 janvier 2018, du 2 au 8 janvier 2018 et du 9 au 23 janvier 2018). La direction continue de faire la sourde oreille. Du coup, les agents ont déposé un préavis de grève illimitée à partir du 15 mars.

La direction cherche à casser le mouvement en procédant à des licenciements massifs. 302 agents ont reçu une lettre de licenciement pour motif « d’abandon de poste » durant les trois dernières grèves. Elle a obtenu l’aval de l’Inspection du travail qui a déclaré que les grèves étaient illégales.

Quant au gouvernement malien, en laissant les mains libres au patron, il a déjà choisi son camp. C’est la solidarité de classe entre « sangsues ».


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