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OPÉRATION GRAND MÉNAGE À ABOBO, DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

LEUR SOCIÉTÉ

Le samedi 04 novembre, Anne Désiré Ouloto, ministre de la “Salubrité de l’Environnement et du Développement Durable“, était à Abobo, pour une opération “grand ménage“, dans les quartiers Clouétcha et Kennedy. Comme à son habitude, elle est venue avec une armée de journalistes et lors de son interview, elle ne s’est pas gênée pour indexer les populations d’être responsables de l’insalubrité de leur quartier.

Avec plus de 2 millions d’habitants, Abobo est la commune la plus peuplée, la plus pauvre et la plus délaissée des communes d’Abidjan. Les canalisations d’eaux usées et le bitume, dont l’état laisse souvent à désirer, se limitent aux artères principales de la commune. Les camions de ramassage d’ordures y sont rares et ne sillonnent que les voies bitumées.

Pour pallier ce déficit, ce sont les populations, livrées à elles-mêmes, qui s’organisent pour les problèmes d’évacuation d’ordures ménagères et d’eaux usées. Elles improvisent des endroits de pré-collecte pour les ordures mais le plus souvent, l’État tarde à les évacuer. Dans la plupart des quartiers, ce sont des jeunes qui jouent le rôle de pré-collecteurs. Certains avec des brouettes et d’autres avec des cuvettes sillonnent les quartiers et font du porte à porte pour ramasser les poubelles. Pour les eaux usées, sans canalisation, on ne doit pas être étonné que ce soit dans les rues que les populations s’en débarrassent. Vu la densité des quartiers, des rigoles se forment, lézardent les voies et dégagent des odeurs pestilentielles.

Face à ces vrais problèmes, Madame la ministre, accompagnée de sa horde de journalistes, cameramen et photographes, est venue donner quelques coups de balai. Elle en a profité pour mettre sur pied un comité de salubrité de quartier auquel elle a remis quelques brouettes, des balais et la somme de 500.000 Frs. Avec un tel budget, ce comité ne fera pas long feu. C’est sûr qu’elle a organisé cette cérémonie, plus pour justifier certaines dépenses de son ministère et se faire de la publicité à bon compte.

L’État encaisse les taxes (impôts fonciers, TVA, taxe d’enlèvement des ordures) mais rien n’est fait pour assainir et améliorer le cadre de vie des populations. La salubrité commence par le bitumage des voies, la mise en place des canalisations pour les eaux usées et le ramassage régulier des ordures. C’est la responsabilité de l’État. Alors si la ministre n’a rien à proposer, elle peut se garder ses leçons de morale et de civisme à deux sous.


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