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D’OÙ VIENT LA FORTUNE DE KARIM KEÏTA ? CIRCULEZ, Y A RIEN À VOIR !

MALI

À Bamako, le 14 juin dernier, un journaliste d’un hebdomadaire local (Le Sphinx) a été condamné en première audience à trois mois de prison avec sursis et une amende de 100.000 F CFA (environ 150 euros). Il est accusé de diffamation par Karim Keïta, fils de l’actuel chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta.

Il est reproché à ce journaliste d’avoir écrit récemment que Karim Keïta a aidé un homme d’affaires malien à échapper à la justice, et dans un autre article qu’il avait acheté un hôtel à Bamako à plus de 6 millions d’euros et acquis un terrain à proximité pour y faire construire une station-service. Karim Keïta a porté plainte et réclamé 4 milliards de F CFA de dommages et intérêts. Le tribunal lui a donné en partie raison mais le procès n’est pas terminé.

Il est de notoriété publique que Karim Keïta est un homme d’affaires connu pour ses virées dans les plus grands hôtels parisiens. Il y rencontre parfois des hommes d’affaires réputés pour leur proximité avec le blanchiment d’argent, la vente d’armes et d’engins militaires. Surnommé « Papa m’a dit », il s’est fait une réputation d’enfant gâté, aimant les frasques, les voitures de luxe, le champagne et le cigare. Grâce à son père, il a réussi à se faire élire député puis à être désigné comme président de la Commission de la Défense de l’Assemblée. Ce n’est par hasard si son père l’a installé à cet endroit précis car c’est le poste idéal pour avoir la haute main sur le budget de la Défense, de surcroit protégé par le « secret défense ». Personne n’a le droit de fouiner dans ses affaires louches sans risquer d’aller en prison ou, qui sait, pire que cela ? Cette condamnation sonne comme un avertissement à quiconque oserait écrire sur les détournements des deniers publics au Mali.


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