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QUI PROFITERA DE LA DÉCOUVERTE DU GAZ ET DU PÉTROLE ?

SÉNÉGAL

Depuis les récentes découvertes d’importants gisements de gaz et de pétrole au large du Sénégal, les dirigeants de ce pays se voient déjà à la tête d’un futur émirat sahélien où l’argent va couler à flots pour eux. Les grandes compagnies internationales spécialisées dans ces deux secteurs se tirent déjà dans les pattes pour avoir la plus grosse part du butin. On y trouve l’américain Kosmos Energy associé à la British Petroleom, mais aussi le trust français Total, l’australien Woodside et le chinois CNOOC. Des milliards de dollars sont en jeu, alors chacun avance ses pions pour être en meilleure position.

Le président sénégalais Macky Sall a annoncé que la production gazière démarrera en 2021 et que tout se passera en toute transparence et dans la « bonne gouvernance » mais la presse locale proche de l’opposition fait déjà état d’un certain nombre de magouilles et de conflits d’intérêts dans lesquels les proches du président sont impliqués ; à commencer par son propre frère Aliou Sall. Celui-ci se serait associé à un homme d’affaires australo-roumain (Frank Timis, actionnaire principal d’African Petroleum et de Timis Corporation) pour se tailler sa part du gâteau. 

La presse fait aussi état d’un certain Abdoulaye Diao, à la fois patron d’International Trading Oil and Commodities (une société de négoce et de distribution de pétrole) et conseiller spécial du président sénégalais pour l’énergie. En effet, avoir un pied dans l’appareil d’État, de préférence le plus près possible du sommet, et l’autre dans le business permet d’avoir le beurre et l’argent du beurre !

Tout dernièrement, la récente signature de plusieurs accords entre l’État sénégalais et le PDG de Total sur la recherche et la production pétrolière et gazière a soulevé certaines suspicions sur d’éventuelles magouilles entre la société Total et le président sénégalais. Certains soupçonnent l’existence de dessous de table, d’autant que cette signature a eu lieu juste après le limogeage du ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, qui aurait fait part de son désaccord avec le président.

Le pétrole et le gaz n’ont pas encore commencé à couler mais les affaires et les magouilles assurément oui. Certains commentateurs annoncent déjà que d’ici quelques années le Sénégal deviendra le prochain eldorado de l’Afrique de l’Ouest et promettent un avenir enviable pour la population sénégalaise. La réalité sera tout autre. Ce sont d’abord les grandes compagnies pétrolières qui empocheront la plus grande partie de ces richesses naturelles. Cela profitera aussi à la clique des dirigeants de l’État sénégalais qui va détourner une partie de cette manne à son profit. Mais pour la majorité de la population ce sera toujours la misère qui continuera, comme au Nigeria, au Congo ou au Gabon où l’or noir coule depuis des années mais où la majorité des habitants n’en voient que les retombées négatives comme les détournements de fonds, la pollution des eaux et des forêts, les affrontements entre bandes rivales, entres autres.


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