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À LA POUBELLE LEUR « TRÊVE SOCIALE » !

ÉDITORIAL

Dans les usines comme dans le secteur du BTP, la situation actuelle des travailleurs est intenable. La grande majorité est maintenue dans la précarité et sous la pression permanente du patronat. Les conditions de travail se dégradent, les salaires sont au plus bas et ne permettent pas de boucler les fins de mois, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter

C’est dans cette situation que le gouvernement, et derrière lui les capitalistes, cherche depuis deux mois à négocier avec les dirigeants syndicaux ce qu’il appelle une « trêve sociale ». Qu’est-ce à dire, sinon la mise entre parenthèses de tout mouvement de grève aussi bien dans l’administration que dans le secteur privé ?

Si un tel accord voit effectivement le jour, le gouvernement et le patronat se frotteront les mains et considèreront dès lors toute grève comme étant hors du « contrat social ». Ils se couvriront de cet accord pour réprimer encore plus facilement la moindre grève ou révolte des travailleurs. Alors, pourquoi leur tendre le bâton pour nous faire taper ?

Ce n’est pas la première fois que dans ce pays, un gouvernement négocie avec les appareils syndicaux un tel accord !

Bien évidemment, même sans un tel accord, la dictature des riches contre les travailleurs est à l’œuvre. C’est ainsi, par exemple, que la semaine dernière, la police et le CCDO sont intervenus pour réprimer des travailleurs du bâtiment sur un chantier à Marcory. Ces travailleurs ne faisaient pourtant que revendiquer leurs droits face à leur patron qui, non content de les exploiter, veut en plus les escroquer.

Ce n’est pas l’exploiteur escroc qui a été mis en prison, mais au contraire ce sont les travailleurs qui ont été gazés et réprimés par les corps habillés. L’un des travailleurs s’est même retrouvé dans le coma et d’autres ont été envoyés manu militari en garde à vue.

Le gouvernement est dans le camp des riches, contre les pauvres. Il utilise son appareil administratif et militaire pour imposer cet ordre social injuste et maintenir les travailleurs dans l’exploitation et la misère.

Alors, même s’il trouve quelques dirigeants syndicaux à sa solde pour signer son torchon, cela n’empêchera pas la lutte des travailleurs et leur colère d’exploser.
La commémoration de la journée du Premier Mai est une occasion pour leur rappeler que ce sera ainsi tant que l’injustice et l’exploitation continueront.


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