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LA CONTESTATION CONTRE LE RÉGIME DE DEBY CONTINUE !

TCHAD

Malgré la répression de plus en plus féroce qui s’abat sur les populations, à tous les niveaux, malgré la multiplication des arrestations arbitraires, la contestation continue dans le pays et touche diverses couches sociales.

Ainsi les agents de « l’Hôpital de la mère et de l’enfant » viennent de lancer un mouvement de grève qui va débuter le 24 avril, avec un service minimum pour les urgences maternelles. Ils protestent contre le non paiement d’un mois de salaire et revendiquent 15 mois de prime d’intéressement, 9 mois de garde et 10 mois de responsabilité.

Les retraités et les veuves de l’administration civile et militaire, quant à eux, ont bloqué les 13 et 14 avril dernier l’accès de la caisse de retraite de Ndjaména pour manifester leur mécontentement contre le non paiement des retraites depuis une année, en raison, paraît-il, de la crise économique qui sévit dans le pays.

Les commerçants ne sont pas en reste. Depuis plusieurs semaines ils ont immobilisé plus de 300 camions de marchandises en provenance du Cameroun suite à leur grève qui dure depuis un mois. Ils manifestent ainsi leur mécontentement contre les récentes mesures prises par le gouvernement : augmentation des droits de douane et hausse des taxes sur les marchandises en vente sur les marchés de
Ndjamena.

Tout dernièrement, ce sont les étudiants qui, de nouveau, sont entrés en grève. Des manifestants ont été arrêtés.

Cette répression s’abat également sur les associations. Les 6 et 15 avril, deux membres du mouvement Yina (On est fatigués), mouvement qui dénonce le régime et ses pratiques arbitraires, ont été l’un après l’autre, arrêtés et jetés en prison sans motif. Le 10 avril, un membre du « Collectif contre la vie chère » a subi le même sort.

Le gouvernement français qui est bien au courant de cette répression laisse faire. Le ministre Bernard Cazeneuve, dernièrement en mission au Tchad, a réaffirmé le soutien de Hollande à Déby, l’un de ses principaux alliés dans la lutte contre les djihadistes au Sahel : « La France aidera toujours le Tchad à surmonter les difficultés »

Quant aux travailleurs et leur organisation syndicale, l’UST (Union des travailleurs du Tchad), ils attendent toujours la satisfaction de leur « plate-forme revendicative » présentée au gouvernement. Cette « plate-forme » est un ensemble de mesures revendicatives des travailleurs comme l’augmentation générale des salaires, le versement régulier des salaires et le paiement des arriérés. Ils sont prêts à reprendre la grève qu’ils ont suspendue si le gouvernement refuse de satisfaire ces revendications. Et ce ne sont pas les menaces, les intimidations, les arrestations et les emprisonnements qui vont les en dissuader.


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