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NATURALISATION DE 28 TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS UNE MESURE DÉMAGOGIQUE

IMMIGRATION

Le 15 avril le président François Hollande a reçu à l’Élysée 28 tirailleurs sénégalais pour leur donner la nationalité française. En effet des centaines de milliers d’hommes originaires d’Afrique subsaharienne et de Madagascar ont été amenés en France et en Europe pour participer aux deux guerres mondiales. Au cours de la Première, ils étaient plus de 200 000 hommes, 150 000 pour la Seconde, et 60 000 pour la guerre d’Indochine. Il y a cent ans, au cours de la bataille du Chemin des Dames, 7 000 tirailleurs ont péri. Il y a eu des dizaines de milliers de morts au cours de ces deux guerres. En 1944 des tirailleurs sénégalais ont été rapatriés, sans toucher leurs soldes, vers le Sénégal dans le camp de Thiaroye non loin de Dakar. Ils n’ont pas arrêté de réclamer leur dû. La réponse a été sanglante. L’armée et la police ont réprimé les tirailleurs. Il y a eu plusieurs dizaines de morts. Peut-être plus.

Après l’indépendance, tous les tirailleurs sénégalais en vie réclamaient des pensions d’anciens
combattants du même montant que les anciens combattants français. Ils ne l’ont jamais obtenu parce que depuis l’indépendance en 1960 ils ne sont plus français. Depuis ils n’ont pas cessé de le réclamer car à l’époque de la guerre, ils étaient français. Jusqu’à présent les différents présidents n’ont pas voulu régler ce problème.

Ceux qui sont venus depuis quelques années en France pour changer de nationalité n’ont pas réussi à surmonter les difficultés administratives pour être naturalisés. Malgré tout, une pétition a été lancée par Mme Aïssatta Seck, maire adjointe de Bondy, chargée des anciens combattants en banlieue parisienne, petite-fille d’un tirailleur sénégalais. Cette pétition a eu beaucoup de succès au point que les autorités ont décidé d’accorder la nationalité à 28 tirailleurs qui se trouvaient en France.

Depuis les indépendances, des milliers de tirailleurs sont décédés. Malgré leurs réclamations, le gouvernement français les a complètement ignorés. Peu d’entre eux sont encore en vie. Accorder la naturalisation ne coûte pas grand’chose au gouvernement français.

Ces anciens combattants en fin de vie réussiront-ils à toucher des allocations équivalentes à celles perçues par leurs homologues français ? Ce ne serait que justice, mais il faudra encore mener des luttes pour arracher cela.


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