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SEG : LA MOBILISATION ET LA GRÈVE ONT PAYÉ

S E G (Société d’Entreprise et de Gestion) est une entreprise marocaine qui a plusieurs chantiers à Abidjan. Comme la plupart des entreprises de son genre, elle vole les travailleurs et piétine les plus élémentaires de leurs droits. Mais les travailleurs ont su la faire plier.

Il y a de cela un an, les travailleurs du chantier « Akwaba d’Anyama » avaient engagé des luttes pour que leurs droits soient respectés. En guise de réponse, l’entreprise avait fermé son chantier et chassé plus de 280 travailleurs avec la complicité des autorités du pays.

Sur un autre chantier situé dans la commune de Cocody, le 14 janvier, les travailleurs ont débrayé pendant quelques heures pour protester contre le mauvais traitement fait à l’un de leur collègue suite à un accident de travail. La direction a continué de faire comme si de rien n’était : bas salaires pour les manœuvres, pas de déclaration à la CNPS, pas de bulletin de paie, pas de prise en charge des accidents de travail, etc.

Dix jours après le débrayage des travailleurs du chantier de Cocody, ceux de Marcory arrêtent leur chantier. Ils réclament l’application de la liste de revendications qu’ils ont établie deux mois plutôt auprès de l’Inspection du travail. Les travailleurs exigent l’application immédiate des trois points suivants : respect du barème salarial des manœuvres, déclaration à la caisse de sécurité sociale et l’établissement des bulletins de paie. Cette grève a duré quatre jours malgré l’intervention des policiers de la CRS2 de Marcory. Ces derniers ont intimé l’ordre aux travailleurs de reprendre le travail, mais les travailleurs ont désobéi.

Au quatrième jour de la grève, les travailleurs se réunissent et décident de reprendre. Mais le rythme du travail n’y est pas.

Le 1er février, les négociations reprennent à l’Inspection du travail. Le procès-verbal est signé mais malgré cela, les travailleurs mécontents continuent de boycotter le travail. C’est pour contourner ce boycott que la direction demande aux travailleurs de faire deux heures supplémentaires pour que les travaux avancent comme prévu. Mais les travailleurs refusent.

Deux jours après, la direction ferme le chantier. Elle tente de diviser les travailleurs en cherchant à faire travailler les nouvelles recrues, en vain. Les nouveaux venus, une fois rentrés dans le chantier, font savoir aux patrons qu’ils ne sont pas prêts à trahir les autres. Même la police appelée en renfort n’a pu rien faire face à la détermination et à la solidarité des travailleurs.

Le 7 février, trois groupes sont formés : un pour garder l’entrée du chantier, un deuxième pour faire le tour du quartier et le troisième, plus nombreux, est allé manifester sur le boulevard VGE au niveau de Marcori, avec des pancartes confectionnées la veille.

Quelques heures après le début de ces manifestations bruyantes, la direction cède sur tous les points : 1- plus de renvoi : tout le monde reprend le lendemain. 2- le salaire des manœuvres passe de 2500F à 4300F à compter du 1er février. 3- la déclaration à la CNPS sera effective. 4- les bulletins vont suivre. 5- Les quatre jours durant les quels le chantier est resté fermé seront pointés et payés. 6- désormais les travailleurs sont directement attachés à l’entreprise SEG.

C’est tout heureux que les travailleurs ont accueilli cette nouvelle. Mais ils n’ont pas manqué de dire que la lutte continue et qu’il faut rester mobilisé. Ils ont mis un comité en place pour suivre l’application de ces accords. Ils savent d’expérience qu’il ne faut jamais prendre la parole d’un patron pour de l’argent comptant.


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