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MALGRÉ L’ANNONCE DE L’ARRIVÉE DE 500 AUTOBUS, LE PROBLÈME DE TRANSPORT RESTE ENTIER

LEUR SOCIÉTÉ

Le gouvernement a annoncé l’arrivée prochaine de 500 nouveaux autobus. Cette information a été relayée par la télé, la radio et les journaux. La même annonce avait déjà été faite au mois de juin mais l’arrivée des bus prévue pour le mois de décembre 2016 n’a pas été tenue. Même si ces bus, dont l’arrivée a été maintes fois annoncée, débarquaient, cela ne pourrait pas vraiment résoudre le problème du transport dans une ville comme Abidjan dont la population avoisine les 6 millions d’habitants. Le ministre de l’Économie lui-même avait reconnu le 28 décembre dernier, que pour « couvrir les besoins de mobilité de la population abidjanaise à 50 %, il fallait 2 500 autobus » ce qui voudrait dire que pour couvrir les besoins à 100% il en faudrait 5 000. Donc, les 500 bus annoncés ne couvriront que 10% des besoins. Il n’y a pas de quoi pavoiser.

Ce n’est un secret pour personne que l’entreprise étatique de transport public (SOTRA) n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il est rare de voir des bus dans les rues d’Abidjan. Les terminus qui autrefois grouillaient de monde sont aujourd’hui déserts, non pas parce qu’il n’y ait plus de passagers à transporter mais parce que les pouvoirs publics ont démissionné en laissant la place au transport informel. Ainsi, pour les pauvres, se déplacer dans la ville d’Abidjan relève d’un véritable casse-tête.

Pour se rendre au travail et pour en revenir, les travailleurs doivent endurer d’énormes difficultés. Pour ceux qui habitent Abobo et qui travaillent à la zone industrielle de Yopougon par exemple, c’est la galère. Le transport est assuré par des « Gbakas » dont l’état laisse à désirer. En plus, ils sont en nombre insuffisant. Ce qui fait qu’aux heures de pointe, l’ouvrier peut passer des heures à faire la queue avant d’avoir un transport. Nombreux sont ceux qui sont obligés de faire de l’auto-stop faute de trouver un transport ou tout simplement faute d’argent.

Il y a aussi le cas de ceux qui habitent des quartiers populaires comme Abobo ou Yopougon et qui travaillent à la zone industrielle de Vridi. Là, aussi c’est encore la même situation si ce n’est encore plus grave. Par le passé, la Sotra mettait à leur disposition des lignes directes qui partaient de leurs quartiers jusqu’à leur lieu de travail à moindre coût. Aujourd’hui, tout cela n’existe plus. Il faut pour se rendre au travail changer de transport souvent trois fois pour faire le trajet. À cette allure, tout le salaire y passe, rien qu’en frais de transport.

Alors, ils sont nombreux les travailleurs qui passent la semaine sur leur lieu de travail ou se débrouillent pour se trouver une place dans les environs et ne rejoignent leur famille que le week-end. D’autres encore préfèrent aménager dans les quartiers précaires environnant les zones industrielles au risque d’être perpétuellement menacés de déguerpissement par le gouvernement.

Concernant le transport des élèves et étudiants, il faut rappeler que dans un passé pas si lointain il était entièrement subventionné par l’État. Mais aujourd’hui, avec la quasi disparition de la Sotra, même disposer d’une carte de bus ne sert pratiquement à rien. Du coup, le transport est entièrement à la charge des parents d’élèves.

Redynamiser le transport public est plus que jamais nécessaire pour soulager un tant soit peu les populations pauvres, mais le gouvernement traine les pas et se contente d’effets d’annonce.


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