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CGC-TIEBISSOU : UNE MOBILISATION VICTORIEUSE !

La CGC est une entreprise chinoise qui exerce dans le BTP. C’est elle qui a en charge du bitumage de la voie Tiébissou - Didiévi. Mécontents des conditions de travail et des agissements inacceptables du patron, nous avons fait un arrêt de travail d’une semaine, ce qui ne s’était jamais vu sur ce chantier.

Cela fait presqu’un an que les travaux ont démarré. Durant tout ce temps, nous travaillons tous les jours sans repos, même les dimanches.

Nous avions demandé deux dimanches de repos par mois, mais la direction avait refusé et cela avait déclenché une grève. Mais elle n’avait pas été suivie par tous, faute d’organisation. De plus, les autorités de la localité et des cadres de la région avaient fait pression sur nous pour que le travail reprenne.

Malgré cet avertissement, les conditions de travail sont restées les mêmes. C’est ainsi que nous avons adressé une note à la direction pour l’informer que nous ne travaillerons pas le dimanche 6 novembre. Nous avions besoin de ce jour pour tenir une réunion entre nous afin de discuter de nos problèmes sur le chantier. La rencontre s’est bien tenue et nous nous sommes retrouvés à plus d’une centaine.

Le mardi qui a suivi, le patron a demandé à deux machinistes de rester chez eux durant 3 jours, sous prétexte que leurs machines étaient en panne. Ainsi, il pouvait décider selon ses convenances de priver de salaire certains d’entre nous, sans aucun égard.

Sauf que cette fois-ci, c’en était de trop ! À cette provocation, nous avons répondu collectivement par un arrêt de travail qui s’est transformé en une grève qui a duré 7 jours !

Au 3ème jour de grève, le Sous-préfet de la localité a été sollicité par la direction pour nous faire reprendre le travail. Ce fut sans succès. Nous en avons même profité pour poser une liste de revendications : majoration des jours fériés et des dimanches, recasement systématique des machinistes à d’autres postes en cas d’indisponibilité des engins. Comme condition de reprise, nous avons également exigé le paiement des jours de grève.

C’est ainsi que le lundi 14, le Sous-préfet flanqué du directeur du travail de la région, a repris la négociation. Elle s’est déroulée sous la pression des camarades qui attendaient fermement devant la salle. La direction a fini par accepter toutes nos revendications, y compris de payer 5 jours de grève sur 7. Le travail a repris le mardi 15 novembre.

Encouragés par cette victoire, 10 jours plus tard, nous avons déposé une liste de revendications d’une quinzaine de points. Cette fois-ci, la rencontre s’est tenue dans les locaux de l’Inspection du travail de Yamoussoukro, le jeudi 01 décembre.

La direction s’engage à réajuster les salaires de ceux parmi nous qui sont payés en dessous du barème, avec rappel. Elle s’engage aussi sur le rappel de la majoration des heures de travail de tous les dimanches que nous avons travaillés depuis tout ce temps. Par ailleurs, notre contrat de travail a été considéré comme un contrat à durée indéterminée. Ce qui nous donne la possibilité de bénéficier des congés payés ainsi que d’autres droits. Les heures supplémentaires seront désormais pointées avec la majoration.

Pour l’instant, ce ne sont que des engagements sur papier. Nous sommes bien conscients qu’il faudra rester mobilisé pour contraindre la direction de les respecter.


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