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LES FONCTIONNAIRES DISENT NON AUX ATTAQUES CONTRE LEUR RETRAITE

CÔTE D’IVOIRE

La réforme de la retraite est au cœur des revendications du mouvement de grève qui secoue la Fonction publique. Son objectif est de faire économiser de l’argent à l’État sur le dos de ses petits retraités. Elle a été votée sans publicité ni tapage il y a quatre ans mais sa mise en œuvre est récente. Elle permet à l’État de se désengager de la CRGAE (Caisse Générale de Retraite des Agents de l’État).

Les premiers retraités qui ont commencé à subir les conséquences de cette nouvelle réforme ont vite compris de quoi il en retournait. Et c’est grâce à eux que d’autres employés de l’État ont pris conscience que ce sont eux tous qui sont visés par cette loi scélérate.

Les réformes principales de cette nouvelle loi concernent le mode de calcul de la pension, le « taux de rendement », les conditions pour bénéficier des pensions pour les veufs ou veuves.

Les salaires des fonctionnaires se calculent grâce à des indices. Ainsi, auparavant c’est l’indice de départ à la retraite le plus élevé qui servait de base de calcul pour la pension. Maintenant c’est la moyenne des indices sur cinq ans qui est utilisée, ce qui diminue forcément le montant de la pension.

De plus, Le taux de rendement est passé de 2% à 1,75% or c’est par ce taux qu’on multiplie le nombre d’années de fonction. Il détermine le pourcentage du salaire en activité qui servira de pension. Une telle baisse du taux de rendement diminue immanquablement le pourcentage de salaire qui servira de pension.

En outre, auparavant, tous les enfants du retraité étaient pris en compte pour la bonification de la pension, quel que soit le nombre d’enfants. Ainsi, s’ajoutait 10% de la pension pour chaque enfant. Cette réforme limite le nombre d’enfants pris en charge à trois. Même les veuves et orphelins ne sont pas épargnés.

Auparavant, le retraité percevait des allocations familiales pour ses enfants, même quand ceux-ci arrivaient à l’âge de la retraite. Ceux qui avaient beaucoup d’enfants percevaient une allocation pour famille nombreuse.

C’est à tout cela que la reforme met fin. Or, à part quelques-uns, la majorité des fonctionnaires de l’État ont de bas salaires. Ce n’était que justice si on leur permettait de survivre une fois parvenus à la retraite. Bien qu’on dise qu’ils ont une pension souvent supérieure à leur salaire, beaucoup d’entre eux vivotent. Mais avec cette réforme, leurs conditions d’existence vont s’aggraver davantage. Voilà pourquoi la colère des petits salariés de l’État est grande.

Ils ont mille fois raison de se battre en se mettant en grève. C’est la seule manière de se faire entendre et de faire ravaler aux dirigeants de ce pays tout leur mépris envers les plus démunis.


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