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ÉTABLISSEMENT COULIBALY : LES ÉBOUEURS DÉNONCENT LEURS CONDITIONS DIFFICILES DE TRAVAIL.

LE QUOTIDIEN DES TRAVAILLEURS

L’entreprise « Etablissement Coulibaly » est l’une des nombreuses entreprises de ramassage d’ordure dans la ville d’Abidjan. Elle emploie une soixantaine de travailleurs qui triment nuit et jour sans repos.

Voici le récit d’un travailleur : « Nous sommes des mensuels avec un salaire de 97.500 F pour les machinistes et 60.000F pour les ramasseurs d’ordures. Mais nous ne sommes pas déclarés à la CNPS, pas de congé payé, pas de gratification. Les collègues ramasseurs d’ordures travaillent dans des conditions difficiles : ils ne sont équipés ni de gants, ni de chaussures de sécurité, ni de masque de protection.

Quand un travailleur est malade, il ne bénéficie pas de soins. Il est obligé de se soigner lui-même. Si sa maladie dure plus d’une semaine, il est automatiquement remplacé. On perd ainsi son poste même avec une ancienneté de plusieurs années. Nous n’avons pas de repos. Composés en deux équipes, une le jour et une autre la nuit, nous travaillons tous les jours, 365 jours sur 365 jours. Les horaires de nuit sont les plus infernales : de 18h à 6 h du matin. La décharge d’Akouédo ferme à minuit. Ce qui fait que même si tu as fait le plein de ta benne à ordures, tu es obligé de dormir au volant jusqu’au petit matin, avant de faire la pesée. C’est d’ailleurs ces conditions de travail sans repos qui sont à la base de l’accident de notre collègue chauffeur. Epuisé et surmené, il dormait au volant de son camion quand il est tombé dans la lagune, sur le pont De Gaule, il y a de cela quelques mois. Bien que cet accident ait fait deux morts, le chauffeur et le ramasseur d’ordures, la direction n’a toujours pas tiré de leçons de cet accident : nous continuons avec la même cadence de travail.

Excédés, nous avons commencé à nous organiser et avons entrepris de rencontrer notre patron à qui nous avons fait part de tout ce que nous rencontrons comme problèmes. Ce dernier, comme d’habitude, veut nous tourner en rond. Il nous promet de faire face à tous ces problèmes une fois que l’entreprise aura décroché un nouvel « appel d’offre » de l’État. C’est une chanson déjà entendue. Il ne donnera pas satisfaction à nos doléances. Nous continuons donc à nous organiser, pour répondre présent le moment venu ».

Ce qui est certain c’est que ces travailleurs gagneraient à élargir leur organisation à d’autres entreprises de ramassages d’ordures, qui toutes emploient dans les mêmes conditions. L’union fait la force !


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