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SOTRA, LA DÉGRADATION CONTINUE DANS LE TRANSPORT URBAIN

CÔTE D’IVOIRE

La Sotra, société de transport abidjanais, est une entreprise étatique qui a le monopole du transport intercommunal et lagunaire à Abidjan. Elle dispose d’autobus et de bateaux-bus. Mais les services de la Sotra, au fil des années n’ont fait que se dégrader. Elle offre actuellement une image peu attrayante et n’est plus en mesure de pouvoir assurer le transport de ses usagers. Malgré les annonces continuelles d’acqui-sition de nouveaux matériels roulant, la quantité de bus est largement insuffisante par rapport au nombre d’usagers.

Pendant longtemps, le moyen populaire de déplacement d’une commune à l’autre était les bus de la Sotra. Les travailleurs des zones industrielles (Yopougon, Vridi et Koumassi), les élèves et étudiants, même les petits commerçants empruntaient surtout le bus, même si leur régularité laissait à désirer.

Au fil des ans, l’État a délaissé le volet social de la Sotra. Ça a commencé par la suppression de la gratuité du transport pour les écoliers, élèves et étudiants. Après cela, les longues lignes ont été sectionnées en plusieurs segments. La proportion des bus express, ligne de bus surtaxée, n’a fait que croître au point que les bus urbains sont quasi inexistants aujourd’hui. Le temps d’attente aux arrêts excède une heure, même aux heures de pointe. Des usagers qui veulent arriver à 7h30 à Cocody en allant seulement d’Abobo sont obligés d’être aux arrêts-bus avant 5h30. Aussi, les soirs, après être descendu à 18 h, c’est souvent entre 21h et 22h qu’on peut espérer être à la maison.

Les bus de la Sotra sont d’une utilité certaine pour les populations abidjanaises. Il suffit seulement de voir les files d’attente aux arrêts aux heures de pointe pour s’en convaincre. Malgré cela l’État délaisse délibérément cette entreprise. Le parc auto insuffisant, surutilisé et mal entretenu n’arrive pas à suivre la demande. Là aussi, comme tous les services publics, au-delà des grands discours, rien n’est fait. Les gouvernants traînent le pas. Pour les pousser à hâter le pas, il faudrait un bon coup de colère des populations.

Mais en attendant, de nombreux usagers ont abandonné les arrêts de la Sotra pour se rabattre sur les woro-woro (taxi collectifs intercommunaux) et autres gbaka (mini bus privés) qui essayent de pallier l’insuffisance. Mais comme leurs tarifs restent élevés pour la plupart des habitants, surtout les élèves et étudiants, ces derniers n’ont encore d’autres choix que d’emprunter les bus de la Sotra.


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